À propos du « Printemps républicain »

Une fois n’est pas coutume, je réagis ici à chaud à l’actualité. Dimanche 20 mars 2016, j’ai participé au lancement du « Printemps républicain »[1].
Je ne pouvais que me réjouir de cette initiative. Des citoyens qui se rassemblent pour discuter de leurs conceptions de la République et de leurs visions du monde, de l’homme et de la société : belle perspective !

Disons-le tout net : j’ai aimé ce que j’ai vu et entendu.

Très loin des caricatures ignominieuses qui ont fleuri en temps réel à partir de citations tronquées et tordues, le débat est resté d’un niveau impeccable. Bien évidemment, tout n’était pas parfait. Et c’est heureux : à travers la vingtaine d’interventions, se sont exprimées des orientations et des opinions variées. Je suis en désaccord avec certaines positions à la tribune et avec certaines réactions dans le public ; je ne partage pas certains points de vue et je désapprouve certains effets de manche.
Tout cela est bon signe !
Parce que je fuis les rassemblements où tout le monde pense la même chose ; parce que rien ne me dégoûte plus que les sectes et l’entre-soi.

En l’occurrence, si tant de gens se sont rassemblés à la Bellevilloise, ce n’était pas pour communier dans un sentiment identitaire mais bien pour partager des préoccupations, des interrogations et la volonté d’agir ensemble. Alors oui, quand on met dans la même pièce des amoureux de la République, ça débat, ça discute, ça se dispute même. Point d’embrigadement mais la liberté de parler ; point de dogme ni de catéchisme mais la liberté de penser. Par Gambetta !, enfin un peu d’air frais !

Alors que notre régime politique est à l’agonie, un sursaut intellectuel paraît indispensable. Il n’y a pas longtemps, j’appelais moi-même, dans ces carnets, à la réunion des républicains sincères pour mener la bataille culturelle : « Républicains, hurlons en chœur, chassons en meute », écrivais-je en réponse à la lénifiante question : « Que faire ? ». Ce que j’ai vu au Printemps républicain pourrait être un début. Il n’est pas le seul. D’autres initiatives émergent. Tant mieux !

La faiblesse des républicains ne réside pas dans notre nombre ni dans nos idées mais dans notre éparpillement et dans notre farouche indépendance. Sourcilleux, toujours suspicieux à l’égard des mots d’ordres et des grand-messes à l’unanimisme étouffant, nous sommes en plus incapables de nous rencontrer sans nous engueuler. Or, en face, que ce soit sur le front des identitaires ou sur celui des libéraux, nos adversaires, eux, possèdent la force de l’unité et peuvent même se rejoindre.

Ce dimanche, nous avons surtout discuté de laïcité, de République, de citoyenneté, de Nation. Enfin ! Alors que ces concepts sont vilipendés ou vidés de leur sens, le retour de discours rigoureux sur ces sujets n’est que salutaire.

Sans doute n’est-ce pas encore suffisant. Sans doute devons-nous étendre le champ de nos réflexions au-delà de ce noyau primordial qui fait partie des fondations de la pensée républicaine. Mais c’est déjà bien. C’est encourageant, de voir ainsi des citoyens choisir de mettre en partage la parole et l’action. En tout cas, c’est toujours mieux que de se réfugier dans le confort du privé et d’abandonner la chose publique aux fauteurs de haine.

Cincinnatus


[1] Les vidéos des différentes interventions peuvent être visionnées là : https://www.facebook.com/PrintempsRepublicain/

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Une réflexion sur “À propos du « Printemps républicain »

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