L’enfer du flâneur

caillebotte

Rue de Paris, temps de pluie, Gustave Caillebotte (1877)

 

« Doukipudonctan » braillait Zazie… et encore, elle avait la chance d’être dans le métro. Parce que dans la rue, ça schlingue au moins autant. Avec en plus le bruit de la circulation et des klaxons (interdits en ville sauf « cas de danger immédiat », nous rappelle le code de la route si bien respecté), le quidam qui sort de chez lui pour, idée saugrenue s’il en est !, profiter des merveilles de la ville, à pied !, pénètre immédiatement dans une atmosphère que l’on qualifie doctement d’« anxiogène » lorsqu’on a fait novlangue LV2. Le bruit et l’odeur, comme dirait l’autre. Ou les cercles de l’enfer d’un Dante contemporain : « Abandonne tout espoir, piéton qui sors de chez toi ! »

À peine a-t-il posé les arpions sur le seuil de son immeuble, que le gentil promeneur pédestre sait qu’il évolue désormais dans un environnement hostile. Sa vie est en danger. Si si : le coup peut survenir à tout instant. Les sens en éveil, la conscience aiguisée, toujours sur ses gardes, il doit se déplacer en ville comme toute proie en terrain découvert : prêt à affronter les innombrables menaces qui ne manquent pas de l’épier, à l’affût d’un fatal signe de faiblesse.

*

Il repère immédiatement l’ennemi le plus visible, le plus imposant, le plus évident. En partie (mais en partie seulement, reconnaissons-le), responsable à la fois de ce fond sonore ponctué d’insupportables stridences qui vous vrillent le fond du crâne, et de cette atmosphère irrespirable qui s’insinue au plus profond des bronches, la bagnole impose en outre au frêle marcheur son omniprésence intimidante. Heureusement, comme chacun est censé posséder son domaine réservé, le danger demeure à peu près circonscrit et survient essentiellement aux points de rencontre, de croisement : le passage piéton, ce point focal des crispations urbaines où angoisses, vociférations et rapports de domination s’exacerbent.

Des millénaires de civilisation ont abouti à une relative pacification grâce au feu rouge. Le problème, c’est le passage piéton SANS feu rouge. Lorsqu’il tente de traverser, exemple pris complètement au hasard, devant l’Opéra de Paris, au niveau de la place Jacques Rouché, le piéton se trouve précipité au cœur d’un étourdissant maelstrom. Passent devant lui à toute vitesse des dizaines de voitures en même temps, ne laissant aucune chance à un individu normalement constitué de gagner l’autre rive. Conséquence : se masse de chaque côté une foule de touristes qui attendent en vain de pouvoir passer, encombrant tous les trottoirs alentour.

La seule solution : qu’un individu un peu plus téméraire ou pressé que les colonnes de touristes effrayés – en général un parisien aguerri – leur montre l’exemple en rappelant par son comportement que la priorité, dans ce cas, est aux piétons, et se lance, le dos droit, la tête haute, le regard autoritaire tourné vers les voitures, éventuellement un bras tendu vers icelles en signe impérieux d’arrêt immédiat, grande et belle figure de courage, magnifique héros plein d’assurance et de superbe, et traverse, imposant à tous les automobilistes le respect du code de la route.

Après avoir retenu sa respiration un instant, s’attendant à voir ce fou se faire écraser par la première voiture venue, la foule derrière lui assemblée finit par comprendre qu’une petite fenêtre vient de s’ouvrir et qu’il en va de la bonne continuation de son séjour touristique de savoir s’y engouffrer. Et s’épanche alors une marée humaine sur la chaussée striée de bandes blanches, comme se répand un flan pas assez cuit. Le Moïse anonyme qui a su dompter les flots automobiles et montrer la voie au peuple piétonnier a depuis longtemps rejoint l’autre côté et poursuit son chemin solitaire.

Mais l’aventure du passage piéton de la place Jacques Rouché ne s’arrête pas là. Parce qu’après lui, l’ouverture des vannes a provoqué le phénomène inverse de celui qui lui a permis de prouver son héroïsme : tant d’individus étaient restés bloqués sur le trottoir qu’aucun reflux ne semble possible et ce sont maintenant les automobilistes qui s’impatientent de ne pouvoir avancer. Les klaxons retentissent, les insultes fusent de l’arrière à destination des voitures de tête qui tentent avec une agressivité croissante de forcer le passage entre les piétons traversants…

Mais laissons là la place Jacques Rouché et sa dialectique de l’automobiliste et du piéton, et revenons à notre flâneur qui, après l’épreuve des voitures, doit encore affronter bien d’autres dangers !

*

En effet, peut-être plus dangereux encore que les voitures parce que plus sournois, sont les cyclistes qui ne respectent pas les règles pensées pour tous. Alors oui, d’accord, ok, comme pour ce qui concerne les automobilistes précédemment, pas tous les cyclistes… c’est bon, les susceptibles de la pédale, on se calme, beaucoup d’entre vous sont respectueux et, pour le piéton, les cyclistes qui acceptent les règles communes ne représentent pas grand-chose.

Manque de bol, subsistent quelques milliers de connards désinvoltes qui ne pensent qu’à leur statut de victime des voitures mais jamais à celui de bourreau des piétons : assumer ses responsabilités, c’est toujours bon pour les autres. Un chauffard qui grille un feu rouge et manque de renverser un cycliste, c’est un criminel, on est d’accord. Mais alors pourquoi un cycliste qui grille un feu rouge et manque de renverser un piéton, ce ne serait pas grave ? Il ne peut pas s’arrêter parce que c’est trop dur de s’immobiliser en pleine lancée et repartir ensuite ? Pauvre chou, ce serait même la faute au piéton qui n’avait qu’à regarder ! Et puis se prendre un vélo à pleine vitesse quand on est à pied, ça n’a rien à voir avec un vélo qui s’emplâtre une bagnole ? Un vélo dans la gueule, à la limite ce serait même le cycliste qui aurait de quoi râler ?

Mouais allez donc dire ça à ma grande tante de 92 ans et 35kg qui a failli se faire tuer parce qu’un salopard gentil cycliste estimait que le feu rouge, ce n’était pas pour lui. Et si les cyclistes, TOUS les cyclistes, témoignaient envers les piétons du même respect qu’ils exigent (à raison) des automobilistes ? C’est pas compliqué quand même, si ? Ils ne supportent pas (à raison) que les voitures stationnent sur les pistes qui leur sont réservées ? Eh bien qu’ils arrêtent de rouler comme des malades sur les trottoirs qui sont réservés AUX PIÉTONS ! Tout n’est pas permis aux automobilistes, mais tout n’est pas non plus permis aux cyclistes : chacun est un danger pour les plus légers, les plus faibles que soi. Et le premier qui minimise le danger qu’il représente pour un piéton, je lui balance dans le pif un vélib moyen chevauché par un humain moyen à vitesse moyenne. On verra s’il apprécie !

Bref, le piéton, quand il est sur le trottoir, sait qu’a priori les voitures sont sur la route ; et quand il traverse à un feu rouge, qu’a priori, elles s’arrêtent. En revanche, il demeure toujours sur le qui-vive parce qu’il sait qu’à tout moment un cycliste peut débouler sur le trottoir – où il n’a décidément rien à faire ! – ou griller allègrement un feu rouge.

*

À ce stade de notre histoire, il reste à notre ami piéton qui, grâce à d’extraordinaires talents de survie, a réussi à échapper aux voitures agressives et aux cyclistes égoïstes, à affronter un ennemi encore plus redoutable encore. Tremble, piéton : entre les voitures et les cyclistes, tu dois faire face à un prédateur qui reprend le pire des deux mondes et y rajoute ses propres armes : le deux-roues motorisé ! Ces cow-boys sur montures mécaniques, dont la quintessence s’incarne dans les livreurs de pizzas, de sushis ou autres poisons industriels, seraient risibles s’ils n’étaient pas ontologiquement néfastes.

Précédés et suivis d’une insupportable rumeur pétaradante si caractéristique de leur élégance et de leur discrétion toutes naturelles, ils sont capables en un instant de réveiller des quartiers entiers et de rendre sourds des dizaines de passants. Atterré, le piéton supporte ce bruit pour ce qu’il est : la tentative pathétique d’affirmation d’une virilité peu sûre d’elle. Combien de ces gamins croise-t-il chaque jour, qui font les malins sur leurs pétrolettes pour faire croire qu’ils en ont dans le calbute alors qu’ils n’ont même pas encore de poil au menton ? Ils s’amusent à rouler le plus vite possible sur les trottoirs, à slalomer entre les passants, entre les poussettes, ne respectant rien ni personne, petits voyous et vrais dangers publics. Un scooter qui roule sur un trottoir ? zou ! en tôle, direct le zonzon, au gnouf le mini-caïd !

Le rêve de leur vie ? Passer dans la classe au-dessus, celle des motards, les vrais, les purs, les durs, les tatoués, ceux qui ont une moto qui coûte plus cher qu’une bagnole, qui appartiennent à cette belle fraternité des derniers hommes libres, qui comptent leurs chutes comme autant de faits d’arme et leurs fractures comme les blessures glorieuses d’une guerre qu’ils mènent contre… heu… demandez-leur, moi j’en sais rien.
Mais également gros beaufs qui allument le moteur de leur engin et le laissent tourner pendant dix minutes avant de l’enfourcher, le font ronfler, s’éclatent à l’écouter monter dans les décibels, sans se rendre compte (ou alors ils sont vraiment à buter) qu’ils dérangent trois cents personnes qui vivent dans les immeuble au-dessus et des dizaines qui passent à côté et subissent leurs amusements ridicules de gosses mal élevés.

Le deux-roues motorisé ? La hyène des trottoirs : aussi bête que méchant. Le pire ennemi du piéton !

*

Rappelons quand même qu’au départ, notre piéton voulait juste se promener, admirer les splendeurs de sa ville, respirer à plein poumon un bon air chargé de microparticules… S’il a réussi à échapper à tant de dangers, il pense en avoir fini et bien mériter la douce flânerie qu’il cherchait. Que nenni ! Nenni nenni nenni ! Ô cruelle désillusion : piéton, mon ami, mon semblable, mon frère, tu dois encore te farcir la menace la plus vile de toutes : le piéton augmenté !

Nuisible parmi les nuisibles, son espèce se subdivise en moult genres, plus répugnants les uns que les autres, mais toujours dotés de prothèses mécaniques ou électroniques censées lui faire gagner en optimisation (sic) ce qu’il perd en humanité.

Certains se caractérisent par une colonne vertébrale arquée, l’œil torve, la tête toujours penchée, le nez collé à une excroissance monstrueuse de la main – le smartphone. Sourds et aveugles au monde qui les entoure, les doigts agités de mouvements frénétiques, ils sont des héros dans les mondes virtuels coloré et niais de Candy crush, Clash of clans ou Angry birds, mais des zombies dans le monde réel. Ils préfèrent suivre l’itinéraire Google que de regarder le nom des rues sur les plaques qui les environnent ou, comble de l’horreur, demander leur chemin à… un être humain !

D’autres ont décrété ringarde la marche à pied et ont choisi un accessoire de locomotion qualifié de « doux » par par la novlangue branchouille mais qui confine souvent au summum de l’agressivité bien-pensante (roller, skate, trottinette…). Forts de cette sur-humanité que leur confère la pointe de la technologie à roulettes, déboulant par derrière à toute blinde, ils s’estiment légitimes à bousculer ces lents parasites des trottoirs que sont nos pauvres flâneurs.

Moins rapides, plus encombrants, d’autres encore, ressemblant de loin à des bousiers, poussent devant eux des véhicules lourds et blindés, au raffinement digne d’une Panzer Division, dans lesquels ils transportent leur progéniture. Ces landaus-chars-à-gosse occupent en général toute la largeur du trottoir (et la moitié du volume du bus dans lequel ils essaient toujours d’entrer à trois) pour un gnard dont la taille dépasse rarement celle d’un gros gigot. Enfermé dans cet abri antiatomique sur roues, le rejeton ne voit rien, n’entend rien, ne sent rien et n’exprime rien (en tout cas on ne l’entend pas… ce qui en l’occurrence n’est sans doute pas plus mal), laissant les parents libres de s’en désintéresser comme de la première couche du mouflet. D’ailleurs, le piéton curieux constate aisément que des dizaines d’autres (couches, pas gamins !) sont savamment rangées au milieu des innombrables joujoux, doudous, biberons et accessoires dans les nombreuses poches que contient ledit véhicule qui, pour l’occasion, sert aussi de caddie pour les courses.
Sommé de dégager le passage devant ces poussettes de guerre malaisément manœuvrables, notre flâneur ne réussit jamais à s’effacer assez vite au goût des parents dont la qualité de géniteurs leur octroie un droit d’occupation supérieur sur la voie publique et une priorité absolue quelles que soient les situations. Et gare à lui s’il lui vient l’idée saugrenue de remarquer que ses propres parents utilisaient pour le promener des poussettes bien plus légères et maniables ; qu’ils s’astreignaient, à l’époque, à le prendre dans leurs bras et à plier ladite poussette au moment de pénétrer dans un bus ou un métro bondé et qu’il ne leur serait jamais venu à l’idée d’insulter les occupants dudit bus ou métro parce qu’ils ne se bougeaient pas assez vite. N’imaginons même pas que le piéton qui s’est pris la roue avant-gauche dans la cheville droite et l’aile de la MacLaren dans les reins puisse remarquer à haute voix que, franchement, le chiard qu’ils continuent de transporter a largement atteint l’âge de marcher sur ses propres jambes, ce qui lui ferait sans doute du bien vu qu’il est gras comme un loukoum. N’ayant pas eu la joie immense de procréer (ou, en tout cas, n’ayant pas de larve d’humain à ses côtés pour prouver qu’il appartient à cette catégorie supérieure), il n’a qu’un seul droit : fermer sa gueule et s’effacer devant sa majesté le moutard.

D’autres, enfin, ont opté pour l’autolobotomie par jogging. Ils sont obsédés par leurs performances et écraseraient sans remord les pieds de leur mère si cela leur faisait gagner une demi-seconde. Ils comptent tout : pas, foulée, distance, rythme cardiaque, souffle, quantité de calories dépensées, durée du parcours… ; font des statistiques qu’ils s’empressent de partager sur les réseaux « sociaux » et, enivrés des paradis artificiels des chiffres, en oublient pourquoi ils courent. Sans doute peut-on imaginer qu’il puisse y avoir une volupté de la douleur, accessible dans l’effort physique pur[1]. Mais comment comprendre cette obsession pour la servitude de la « quantification de soi » (« quantified self ») et pour la marchandisation du corps que les prothèses applicatives impliquent.
Redoutables en solitaires, ils peuvent se regrouper et représentent alors une plaie que l’Égypte, pour son bonheur, n’a pas connue. Ces hordes suantes, puantes, pareilles à des troupeaux aveugles de buffles se ruant dans la savane vers un nouveau point d’eau, dégagent brutalement dans leur course stupide tous les individus se trouvant sur leur chemin. Heureusement, le piéton les voit arriver de loin, avec leurs couleurs fluorescentes et clignotantes, capables d’assassiner un épileptique en un coup d’œil, ces coureurs qui le harcèlent de la pesanteur de leur moraline hygiéniste-marchande jusque dans les derniers lieux publics interdits aux autres nuisances : les parcs. Ces animaux brutaux et bornés y introduisent l’impératif de la laide modernité que résume la rencontre des compteurs en tout genre et du lycra rose et noir. Réfugié contre un mur ou sur un banc, le piéton observe passer devant lui ces agglomérats de solitudes enfermées dans leurs écouteurs. Les joggers : des autismes en mouvement.

Désespéré, le corps souffrant des multiples contusions reçues pendant son trajet, l’esprit fatigué du bruit et de la fureur de ses violents ennemis, le piéton n’a alors plus d’autre choix que de s’en retourner chez lui, épuisé.

*

Les Baudelaire et Benjamin seraient bien malheureux aujourd’hui. Que reste-t-il de l’urbanité dans les métropoles vouées au culte de la vitesse et de la rentabilité ? Le temps n’est qu’une donnée comptable qu’il faut optimiser. Plus de place à la paresse, au regard, à la méditation, à la rencontre inopinée[2], à la réflexion, à la poésie de la ville. La polis nouvelle a achevé la politesse.

Cincinnatus


[1] Même si, pour ma part, je préfère la volupté d’un whisky japonais dégusté dans un club de jazz, entouré d’amis chers ; ou celle d’une page de poésie ou de philosophie ; ou encore celle d’une peau aimée…

[2] Les écouteurs sont une grossièreté érigée en barrière absolue : il n’y a qu’à voir tous ces gosses qui ne se parlent pas mais se hurlent après pour couvrir le bruit qu’ils s’infligent afin de se séparer du monde.

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5 réflexions sur “L’enfer du flâneur

  1. Délicieux billet si bien écrit et à mourir de rire. En plus on se sent moins seul. Moins seul à faire semble-t-il de trop long billets, moins seul à souffrir des milliers de (connards) désinvoltes qui ne pensent qu’à leur statut de victime des voitures mais jamais à celui de bourreau des piétons ainsi qu’aux landaus-chars-à-gosse qui essaient toujours d’entrer à trois dans le bus. Pour ma part j’ai eu droit au commentaire acerbe d’une jeunette lorsque je faisais remarquer qu’il fut un temps nous avions des poussettes cannes Mac Laren (allons-y pour la pub) que l’on pliait pour porter l’enfant (seulement quand il ne marchait pas) dans ses bras. Non mais vraiment glissa-t-elle, demander de porter les enfants pfffff. Donc merci !

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  2. Quand je suis piéton je râle après les cyclistes et les automobilistes. Quand je suis cycliste je râle après les piétons, les taxis et les automobilistes. Quand je suis automobiliste je râle après les piétons, les cyclistes et les taxis. Les bus aussi. Et les livreurs. Quand je suis en taxi je laisse le chauffeur râler pour moi.

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  3. Et nous cyclistes qui arrivons sans crier, gare !
    Chiens, poussettes XXL, « joggers » de conserve, sournoises racines (Dune), musards (seront pardonnés) sur les pistes cyclables, cyclables, cyclables…
    Cela dit, bien évidemment, je partage les espace publics et les torts.
    Il m’arrive de demander mon chemin en ville : soit le quidam sollicité prend peur (il me soupçonne de ne pas adhérer pleinement aux délices technologiques), soit, fort aimable, il pianote sur le sien, approche l’écran de mes yeux : vous voyez, c’est là !
    Depuis, etc.

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