Éphémères icônes du buzz médiatique

bosch-hell

Vaccins, Catalogne, glyphosate, Trump et la Corée du nord, Luxleaks, Hanouna et les homosexuels, Macron en Afrique, Mélenchon et le Venezuela, Panama papers, mort de Jean d’Ormesson effacée dès le lendemain par celle de Johnny Halliday, Hanouna et les femmes, Trump et la Russie, Trump et Jérusalem, Paradise papers, tweet crétin d’un milliardaire joueur de baballe… tout dans le désordre et puis j’ai arrêté de noter. Demain ? Morts de Bardot, Delon et Chirac, scandale financier international sur fond de fraude fiscale, Trump et X, nouvelle saloperie hanounesque…

Trop d’inévénements quotidiens, trop d’écume.

Ces bouffées hystériques font passer le monde pour un show télévisé berlusconien. Les adorations crétines succèdent aux haines vitupérantes. Vite adulées, immédiatement délaissées, les idoles fanent dans la journée de leur germination. Le monde semble s’effondrer… et puis subitement plus rien : nous sommes passés à autre chose. Ces vagues déferlantes ne sont pas feintes mais submergent tout avant de se retirer aussi rapidement. La superficialité médiatique subsume et éteint toute possibilité d’approfondissement. La futilité se gonfle des passions réticulaires : les réseaux (anti)sociaux amplifient exponentiellement l’anecdote – à hauteur de sa vacuité – condamnant au silence la mesure et l’intelligence. Les médias de masse se vautrent dans la même fange.

Tout se suit, donc tout se vaut : la crise calculée d’une bimbo comme l’enjeu de civilisation. Pire, même les meilleures causes voient leurs thuriféraires les plus idiots monopoliser le crachoir et discréditer les honnêtes défenseurs de convictions légitimes, par leurs chasses aux sorcières provocatrices, leurs calomnies et leur racolage le plus vulgaire. Feu sur la complexité, sus à la pensée ! Dans ce monde écœurant, ne peuvent survivre que les mieux adaptés, c’est-à-dire les plus stupides et les plus violents – les autres s’exilent. Darwin se lamente. La terreur régit l’espace public, l’agressivité tue le débat, le diktat du sentiment achève la discussion.

Règnent les icônes. Intouchables, à la gloire impossible à discuter ou à questionner sauf à déclencher des réactions hystériques et violentes de « fans » décérébrés. Un microcosme ne vit que des mouvements d’émotion où s’affrontent dans leurs camps fortifiés d’entre-soi l’adulation totale, aveugle et bornée ; le scepticisme vilipendé parce que criminel contre la virginité absolue de l’icône ; et les opportunistes haineux, trolls provocateurs surjouant la bêtise et la haine. Dans ce jeu de rôles au premier degré, les acteurs perdent toute distance et vivent leur passion comme une croisade, une affaire de vie ou de mort. Cette merveilleuse dictature de la caricature rend impossible toute nuance dans ces pulsions de salon, ces révoltes sur canapé menées par des héros retranchés derrière un écran. Ah qu’elles sont exaltantes, ces tranchées confortables où l’on s’écharpe dans des combats frivoles ! Crises d’émotions infantiles, puériles : tout cela suinte le niais.

Cincinnatus

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