Les lectures de Cinci : la justice « clochardisée »

Justice, une faillite française ?, Olivia Dufour, LGDJ, 2018.

Le livre en deux mots

9782275057200Les chiffres sont effrayants. Les mots encore plus. Olivia Dufour, journaliste et blogueuse [1], utilise les seconds pour raconter les histoires que subsument les premiers. Ainsi nous entraîne-t-elle de tribunaux en prisons, des cabinets d’avocats à la Chancellerie, pour nous faire vivre le calvaire de tous les protagonistes de cet univers que l’on préfère ne connaître que de loin : magistrats, greffiers, avocats, justiciables, prisonniers, personnels pénitenciers, experts… Lire la suite

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Petit dictionnaire incomplet des horreurs de la langue contemporaine

Bescherelle_nouveau_Dictionnaire_national_illustré_[...]Besnier_Fernand_btv1b90131478Après avoir conspué le massacre de la langue, voici une liste non exhaustive de fautes horripilantes et de contresens insupportables bien trop répandus (à compléter, cher lecteur, si l’envie t’en prend) : Lire la suite

Le massacre de la langue

« La fin d’une civilisation, c’est d’abord la prostitution de son vocabulaire. »
(Romain Gary, Europa)

Bescherelle_nouveau_Dictionnaire_national_illustré_[...]Besnier_Fernand_btv1b90131478Et en ce moment, on peut dire que ça racole activement. Passons sur « l’argument » fréquemment avancé selon lequel « une langue ne doit pas rester figée, elle doit évoluer, s’ouvrir aux nouveautés, c’est normal, c’est naturel… » et la guerre c’est mal, la mort c’est moche et les dauphins c’est gentil. Bla. Bla. Bla. Lire la suite

Jeux d’enfants ?

Bruegel jeux d'enfants

Trop sensible, ton sentiment d’injustice hypertrophié fait de toi un écorché vif. Pour toi, c’est un sentiment normal, évident. Tu ne peux pas accepter l’atonie, l’indifférence coupable des autres. Adultes ni enfants ne comprennent tes réactions qu’ils jugent parfois violentes, souvent disproportionnées ; alors qu’à tes yeux, il leur manque une décence élémentaire, comme si l’organe de la justice leur était amputé au point de les faire sombrer dans l’aveuglement quant aux monstruosités qui se déroulent devant eux. Insensibles à la souffrance, tu les considères complices de l’injustice qui dirige le monde et de celles dont tu es témoin… ou victime. Lire la suite

Réseaux sociaux : la censure Godwin

Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.
Mike Godwin, 1990

Sur les réseaux sociaux de la fin des années 2010, en général, « dure longtemps » équivaut à deux fois 280 caractères, soit un simple aller-retour. Lire la suite

Tyrannie de la minorité

déclaration dh 1789

Article premier : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »

En démocratie, la crainte est toujours justifiée d’une « tyrannie de la majorité » [1]. Or on assiste aujourd’hui à une autre forme d’asservissement : celle de l’espace public par les revendications identitaires de minorités, ou plutôt d’individus se considérant comme discriminés selon une dimension de leur être qu’ils affirment à la fois essentielle et minoritaire. La lutte contre les discriminations, en temps normal parfaitement légitime, se trahit et laisse place à des revendications agressives, l’affirmation du droit à la différence basculant dans l’exigence d’une différence de droits à raison d’une identité unidimensionnelle fantasmée. Lire la suite

L’humanisme comme remède au transhumanisme

Vitruve

L’homme de Vitruve, par Léonard de Vinci

Et si la meilleure réponse à l’hybris transhumaniste était à chercher dans l’humanisme, tout simplement ? Quoi, l’humanisme ? Cette notion désuète, rendue ringarde par la modernité triomphante qui prétend la dépasser par l’adjonction des préfixes trans- ou post- ? Quelle drôle d’idée ! Quel anachronisme de mauvais goût ! L’on se souvient même qu’à une certaine époque, l’humanisme se donnait une dimension politique en se payant le luxe de s’accompagner de l’épithète civique. L’humanisme civique, synonyme de républicanisme : concepts surannés à l’heure où l’on préfère remplacer civique par citoyen, substantif étrangement devenu adjectif cuisiné à toutes les sauces. Discrédités, calomniés, ridiculisés par les prétentieux adorateurs du monde moderne, renvoyés sans appel dans le camp « réac » comme tous ceux qui n’acceptent pas aveuglément les promesses sucrées d’une technique toute-puissante, l’humanisme et le républicanisme n’ont pourtant peut-être pas dit leur dernier mot. Lire la suite