Ce douloureux sentiment d’imposture

15892665569_f425a1cdb4_o

Se lancer dans des études scientifiques pour les maths, mais préférer la philo quand presque tous les autres la méprisent ; achever ce cursus et pouvoir enfin se tourner vers les humanités ; débarquer avec son bagage original ; passer pour un extraterrestre ; subir le snobisme de ceux qui ont toujours fait la même chose ; se sentir seul, à côté.

Lire la suite

Identités choisies

Né à l’étranger, dans une pomme, j’ai grandi en France avec deux passeports. Par l’un d’eux, le bleu, je suis citoyen d’une forteresse que des millions de personnes rêvent d’investir… sans que pour autant je n’y sois jamais retourné. Cette double nationalité fait partie de moi, elle m’a accompagné toute ma vie, le plus souvent à travers les questions qu’elle suscite chez les autres : le fantasme du modèle absolu contemporain et, simultanément, du repoussoir tout aussi excessif. Baigné comme tous dans la saturation spectaculaire de cet imaginaire-monde, sans l’avoir cherché je me suis distingué par cette appartenance à « l’autre côté de l’écran ».
Je pourrais revendiquer cette identité, au nom du sol me prétendre de là-bas plus que d’ici, et ignorer le goût d’imposture. Je pourrais aussi la rejeter, y renoncer dans un geste grandiloquent et sot.
Je choisis de l’accepter, un peu comme la couleur de mes cheveux : comme un fait qui m’appartient, me constitue mais ne me définit pas.

Lire la suite

Souvenirs de Palmyre

Il y a une douzaine d’années, j’ai eu la chance de passer une journée à Palmyre. En déambulant pendant des heures au milieu des ruines romaines, j’ai vécu là une expérience inoubliable… que je qualifierais volontiers de « métaphysique » même si c’est devenu un gros mot. Lire la suite

Face à l’horreur : penser et agir

Depuis vendredi, tant a été dit, tant a été écrit. L’essentiel a déjà été exprimé, martelé, parfois mieux que je ne pourrais le faire. Pourquoi en rajouter ?
Parce que c’est ainsi qu’on lutte contre les salopards.

Lire la suite

Sur la « fin de vie » et l’euthanasie

Des représentants de diverses religions donnent leur avis sur le sujet, pourquoi pas moi ? Mais ce n’est certainement pas en tant qu’athée que je souhaite m’exprimer. Il y a quelques semaines, l’affaire Vincent Lambert est revenue à la une des médias, juste après la réouverture du « débat » sur la fin de vie par la proposition de loi Claeys-Léonetti. Je ne veux entrer dans le détail ni du cas particulier Lambert ni des propositions des deux députés. Je préfère m’interroger, de manière plus générale, sur l’opportunité de légiférer sur ces questions et sur la légitimité du politique à s’en saisir.

Je dois d’abord avouer que je suis très mal à l’aise avec ce débat sur la « fin de vie » (étrange euphémisme). Comme beaucoup, j’ai été confronté à la mort d’êtres proches. Et, quoi que je fasse, mon émotion personnelle influence nécessairement mon jugement. Mais, pour cette raison, mon discours a-t-il plus de poids ou, au contraire, est-il disqualifié ? L’expérience intime légitime-t-elle ou invalide-t-elle l’opinion émise ?
Je ne sais pas.
Je constate simplement que la mienne n’a que peu évolué à la traversée de la douleur. Peut-être, parce qu’elle était déjà tiraillée avant, elle l’est demeurée ensuite.

Lire la suite