Moi, parent d’élève

Ça y est. Depuis cette rentrée, je suis devenu un… parent d’élève. En tant que tel, je découvre un nouveau monde sociabilités, avec ses personnages attachants ou détestables, flamboyants ou effacés. Un nouveau petit théâtre social, semblable à tous les autres, peuplé, peut-être, d’une plus grande proportion de caricatures. Je me vois ainsi naviguer entre les bobos déconnectés du monde réel qui instrumentalisent l’école de leurs enfants à leurs rêves démagogiques et la FCPE, rendue odieuse à mes yeux par son écrasante responsabilité dans les réformes délétères des dernières décennies. Difficile, donc, de me sentir une quelconque solidarité avec ces gens qui veulent s’impliquer dans l’école pour mieux la détruire. Ils s’amusent avec un détestable esprit de sérieux, se sentent « investis » et en oublient complétement le rôle et la vocation de l’institution scolaire.

Soyons juste : à l’échelle de l’établissement de ma fille, la plupart de leurs idées et initiatives sont très sympathiques et inoffensives. Je suis même prêt à participer sincèrement à celles qui agrémentent le quotidien de mon enfant, resserrent les liens avec ses camarades et souvent, hélas !, suppléent aux dysfonctionnements de l’administration scolaire. Lire la suite

Tous des sales gosses !

Quelle société de petits cons nous formons ! Où que le regard se tourne, point d’adultes : ça grouille d’adolescents mal élevés, quelle que soit leur date de naissance. Même les cheveux blanchis par l’âge ne semblent avoir acquis de leurs années passées que la vanité de cœur et la myopie d’esprit. Et en matière de maturité, il n’est rien à chercher non plus du côté des toniques intermédiaires entre le bachot et l’EHPAD. Des corps protégés par la médecine moderne trimballent des ego bouffis de dérisoires certitudes. Lire la suite

De l’égoïsme en milieu confiné

« Le sordide et l’admirable font meilleur ménage en l’homme qu’on ne le croit d’ordinaire et le problème est de tirer le second du premier. »
André Malraux, Le Démon de l’absolu

Depuis le début de la crise sanitaire, toute la classe politique française, exécutif et majorité parlementaire en tête, est affligeante d’incurie. Le mélange d’incompétence et de cynisme du pouvoir actuel les rend responsables des milliers de morts qui auraient pu être évités s’ils avaient fait preuve du minimum de vertu civique et de sens des responsabilités que l’on est en droit d’attendre de nos gouvernants. Leurs atermoiements, ambigüités et mensonges n’ont pu, en outre, que troubler les esprits et encourager les individus à prendre à la légère le drame collectif.
Faut-il pour autant dédouaner les citoyens de leurs responsabilités ?
Certainement pas, tant les comportements de certains de nos contemporains révèlent l’égoïsme qui les meut et le mépris dans lequel ils tiennent toute forme de monde commun. Le narcissisme de l’enfant qui joue au président ne reflète que celui de ses arrogants sujets [1]. Lire la suite

De l’altruisme en milieu confiné

« Le sordide et l’admirable font meilleur ménage en l’homme qu’on ne le croit d’ordinaire et le problème est de tirer le second du premier. »
André Malraux, Le Démon de l’absolu

Il y a de la veulerie en chacun de nous ; reste à savoir à quel point on refuse de s’y abandonner. La crise actuelle fonctionne ainsi comme un puissant révélateur de tout ce qu’il y a de pire chez nos contemporains… mais aussi de pas si mal. Lire la suite

Haïssez-vous les uns les autres !

piétonVous descendez tranquillement un trottoir étroit et, à un angle aveugle, un sémillant cycliste en lycra fluo, oreillettes sans fil vissées au pavillon, déboule de votre gauche sur ce même trottoir sans frein ni regard. Non content d’avoir manqué vous renverser, les insultes fusent dans un langage fleuri comme autant de flèches du Parthe… car l’arrogant butor ne daigne même arrêter sa course traversant trottoirs et chaussées, slalomant entre piétons et poussettes. Lire la suite

PMA, GPA : de nouveaux droits ?

À propos d’un autre sujet, celui de la « fin de vie » et de l’euthanasie, j’ai dit les réticences suspicieuses que m’inspirent les certitudes tranchées lorsqu’on se trouve à l’intersection de l’intime et du public, du personnel et du politique, de l’individu et du citoyen… parce que, souvent, ces certitudes masquent avec peine des croisades personnelles. Si je ne remets en cause, a priori, ni leur justesse ni leur sincérité, elles ne peuvent, en revanche, entraîner ma conviction et ne devraient en aucun cas servir de boussole à la décision ni à l’action politiques. Lire la suite

La démagogie a de l’avenir

Tout débute toujours à l’école. Aujourd’hui, tout s’y achève aussi, comme on achève dans les films un vieux compagnon blessé : des larmes dans les yeux et une balle dans la tête. L’idéal émancipateur des Lumières, incarné dans une école dévouée à l’instruction de citoyens en devenir, expire dans les remugles de la démagogie crasse. « Chez l’enfant, il n’y a d’éternité qu’en puissance » (Kierkegaard). Puissance interdite de se réaliser par les excès d’une « bienveillance » étouffoir. Au nom de bons sentiments et d’une autoproclamée éthique de la compassion qui ne puise en réalité qu’au ressentiment des adultes, l’école abandonne son domaine – celui de la transmission des savoirs et de la fréquentation des classiques en toutes disciplines, destinées à structurer l’enfant et à l’intégrer au monde commun. Lire la suite

Heure d’été : un affligeant divertissement

Je ne commente ici l’actualité chaude que lorsque l’événement me semble exemplaire de quelque chose de plus profond que la superficialité du buzz médiatique ou de l’émotion aveugle. La fin prochaine du changement d’heure, à ce titre, ne relève pas de l’anecdote horlogère mais de la caricature. Bien entendu, en finir avec cette stupidité sans nom est une perspective réjouissante. Mais de quelle manière se réalise-t-elle et avec quelles conséquences ! Ce qui se joue ici n’est que la convergence entre une inculture scientifique généralisée, une sinistre parodie du débat et de la décision démocratiques, et l’arrogance de l’individu contemporain seulement orienté par la recherche de son petit confort immédiat. Lire la suite

And justice for all

Fiat justicia, pereat mundus

Gerechtigkeit-1537

Allégorie de la Justice, Cranach

L’idéologie de la glorification des forts et de l’écrasement des faibles a gagné. Les valeurs à la mode ? La violence, l’agressivité, le pognon, l’inculture… Leur traduction dans la novlangue qui putréfie la langue ? Réussite, performance, innovation, efficacité… ad nauseam. Au cœur de cette bouillie : l’injustice avec sa gueule moche. Aux pieds du veau d’or, gît Thémis. Lire la suite

Le règne de l’agressivité

Une étude récente prétendait montrer la diminution alarmante du QI. Peu importe la véracité d’une telle affirmation : nous pourrions bien être tous des génies, nous nous comportons comme des monstres de bêtise crasse. Pire : la connerie s’est élevée en valeur cardinale. La veulerie, la vulgarité, la bassesse, l’agressivité imprègnent tous les rapports sociaux, et l’inculture s’impose jusqu’au plus haut niveau. Toute nuance est congédiée au profit de la réduction à l’affrontement caricatural d’un camp contre un autre, quel que soit le sujet. L’honneur, la grandeur, la vertu, la noblesse sont ringardisés, ridiculisés, méprisés. Jouissez, chers contemporains, de cette société de la sottise et de la fatuité qui préfère la « punchline » à la pensée, le « buzz » à l’information, l’agressivité à la sérénité et à la délicatesse des mœurs. Lire la suite