Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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Plaidoyer pour la liberté sexuelle contre les nouvelles ligues (de vertu)

J’ai toujours pensé que l’hétérosexualité pure, pas plus que l’homosexualité intégrale, n’ont de réalité[1]. Je les conçois plutôt comme deux pôles idéals-typiques d’un arc continu sur lequel chaque individu se positionne et peut évoluer. Pour le dire autrement : je suis convaincu que personne n’est 100% hétéro ni homo, mais bien « plutôt ceci » ou « plutôt cela » et peut changer, découvrir, vivre des expériences divergentes, au hasard des rencontres[2]. En effet, quel hétérosexuel n’a jamais été ému devant le pouvoir érotique d’une sculpture ou d’un corps vivant du même sexe ? Quel homosexuel peut affirmer n’avoir jamais éprouvé la sensualité d’une peau de l’autre rive ? Sans doute en trouvera-t-on : rien n’interdit que l’avenir leur réserve des surprises… et tant mieux.

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Quelque chose de pourri au royaume des SHS

Mais que se passe-t-il chez les chercheurs en sciences humaines et sociales (SHS) ? Sont-ils donc devenus fous ?
On aurait pu espérer que les mésaventures ahurissantes de Marcel Gauchet en 2014 ne fussent que le triste corollaire de la malfaisance de démagogues en mal de buzz. Hélas !, les cas se sont récemment multipliés de manière inquiétante. En février, la polémique qui a entouré les prises en position courageuses de l’écrivain Kamel Daoud avait de quoi laisser pantois. Dans une tribune au journal le Monde, un « collectif » de chercheurs l’a pris à parti. Comme Élisabeth Badinter quelques semaines plus tôt, il fut sommé de se taire parce qu’il avait refusé d’entrer dans le jeu des islamistes qui accusent d’« islamophobie » tout discours ferme sur la laïcité. Étrange conception de la confrontation d’idées pour des universitaires. D’autant que ce qui les rassemble paraît tenir dans une haine viscérale de la République. Certains sont même allés jusqu’à inventer le mot-valise « réac-publicain » dont ils parsèment leurs libelles, mélange révoltant de « réactionnaire », adversaire de la Révolution, et de « républicain », héritier de la Révolution : montage improbable et infamant dont ils décorent sans distinction républicains sincères et dévots de l’extrême-droite.
L’anathème remplace la joute, l’assignation au silence et l’appel au boycott empêchent volontairement le débat. Comment des universitaires peuvent-ils descendre aussi bas dans la bêtise crasse ?

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Qu’ils me traitent donc d’islamophobe !

Assez d’atermoiements ! Assez de reculades ! Assez de compromissions !

Il y a maintenant trois semaines, le dimanche 24 janvier 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était l’invitée de l’émission Le Supplément sur Canal+. Une séquence a fait couler beaucoup d’encre : après un reportage sur BarakaCity, une association se présentant comme « humanitaire » mais soupçonnée de relations sulfureuses avec les terroristes qui ont ensanglanté la France en 2015, son dirigeant, Idriss Sihamedi, connu pour ses saillies indignes sur les réseaux sociaux, aligne les provocations sous les regards stupéfiés du présentateur Ali Baddou et de la ministre de l’éducation nationale. La réaction, minimale, de cette dernière ne laisse pas d’étonner ni de décevoir. En tant que représentante de l’État, en tant que ministre de la République, en tant que citoyenne française, elle aurait pu dire bien des choses, réagir de bien des manières différentes. Dans tous les cas, elle aurait dû marquer une opposition ferme. Par exemple :

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Les forfaitures de la droite

L’UMP a changé de nom. Histoire de laisser derrière soi les affaires, les casseroles, les scandales, ils se prétendent républicains alors même qu’ils en piétinent les valeurs depuis des années. Comment pourrait-on s’étonner de pareille imposture avec Sarkozy ?
Il aurait changé nous dit-on… encore. Le spectacle qu’il donne n’en demeure pas moins toujours le même : agité, agressif, ambigu voire contradictoire, prêt à tout… Les militants et, plus encore, les cadres de l’UMP semblent ne plus être dupes. Plus probablement, ils doivent être lassés et ne voient plus très bien comment il pourrait rassembler les Français, ou, au moins, un peu plus de la moitié d’entre eux. En s’éloignant de leur ancien héros charismatique, ils font preuve aussi bien de lucidité que de lâcheté. Les rats quittent le navire.

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Le FN et l’école : la tentation de l’illusion

Adresse à Jean-Paul Brighelli

Cher Jean-Paul Brighelli,

En général d’accord avec le républicain convaincu que vous êtes, vous lire me réconforte souvent et, hommage suprême que je puisse vous rendre, cher enseignant, me fait penser. Après l’élection partielle d’hier, dont les résultats ont fait couler beaucoup d’encre, je me suis souvenu d’un billet que vous aviez posté sur l’un de vos blogs en juin 2014. Il était consacré au discours du FN – version Le Pen fille – sur l’école, et vous y montriez combien les diagnostics et propositions développés sur ce sujet ont l’image du bon sens. Votre conclusion (volontairement) ambiguë vous appartient et je ne chercherai pas à l’interpréter dans un sens ou dans l’autre : d’autres se sont jetés dessus pour vous faire un procès malvenu – que les loups hurlent donc en meute ! cela ne m’intéresse pas.

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Le réalisme tyrannique des imbéciles

L’impératif de réalisme me fatigue. Franchement, être réaliste, ça veut dire quoi ? En 40, qui était réaliste : celui qui acceptait la débâcle ou celui qui partait à Londres pour poursuivre le combat ? C’est au nom du « réalisme », du « pragmatisme », tant vantés aujourd’hui, que l’on jugeait préférable de se soumettre et que l’on considérait De Gaulle comme un idéaliste n’ayant rien compris au film. Le réalisme, je le laisse aux petits comptables de sous-préfecture[1] qui ont une calculette à la place de l’encéphale.

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