L’imposture EELV

Bien que la victoire en trompe-l’œil d’Europe Écologie – Les Verts aux dernières municipales eût comme un air de déjà-vu qui mériterait à lui seul bien des développements [1], plutôt que de s’attarder à pérorer davantage sur l’écume électorale, il me paraît plus judicieux de s’intéresser au positionnement de ce parti dans le débat public, à ses actions et à son substrat idéologique. Autrement dit : de quoi EELV est-il vraiment le nom ? Et de ce point de vue, il me semble que la réponse devrait être : celui d’une sinistre imposture faisant de ce parti un ennemi de la République et même, paradoxalement, de l’environnement. Lire la suite

Quelle sécurité ?

On alterne : un attentat terroriste, une séquence de casse urbaine en fin de manifestation, des scènes de guérillas ultraviolentes dans les territoires abandonnés de la République… À chaque fois, la stupeur laisse finalement la place à la résignation. Il n’y a pas vingt ans, le « sentiment d’insécurité » avait fait gloser pendant la campagne de 2002 et chuter le candidat Jospin. À l’époque, on se moquait dans les beaux-quartiers des centres-villes des « peurs irrationnelles » des banlieusards et de la France périphérique, qui ne s’appelait pas encore ainsi. Aujourd’hui, ce « sentiment d’insécurité » imprègne tant les esprits qu’on n’en parle même plus : quand on a la chance de n’être pas contraint de vivre directement cette insécurité quotidienne dans sa chair et sa peur, on se contente d’observer les images sur les écrans démultipliés, comme la nouvelle saison d’une série Netflix. La banalisation de la violence sur fond d’éphémères bouffées d’indignation stérile encourage non seulement le sentiment d’impunité de ses responsables mais également toutes les manipulations idéologiques. Lire la suite

Rénover la fonction publique ? Chiche !

République-française-825x510Nous recevons sans cesse des leçons, à défaut de moyens. Fonctionnaires, nous devons subir chaque jour commentaires et réflexions quand ce ne sont pas tout simplement des insultes gratuites. Chacun prétend savoir mieux que nous comment nous devrions faire nos métiers… alors qu’il ne viendrait à l’esprit de personne d’expliquer à son boulanger comment faire son pain. Que les citoyens aient un avis quant aux services publics, rien de plus normal. En revanche, que nous soyons les boucs émissaires pour tous les maux de la société, non merci. Mêmes les dirigeants politiques, qui s’appuient sur les administrations pour mener leur action, même les ministres qui sont censés protéger les agents de leurs services, n’hésitent pas un instant à nous livrer à la vindicte, à attiser le feu et à nous faire porter le chapeau de tous leurs échecs. Le pire : les élections. À ce moment de la vie démocratique, la course à l’échalote est ouverte à celui qui promettra le plus grand nombre de suppressions de fonctionnaires – entendons bien : pas de « postes de fonctionnaires » mais bien de « fonctionnaires », lapsus extraordinaire qui ne dérange personne, on n’attend plus que la guillotine ou le zyklon B – pour se faire élire en flattant les plus bas instincts des électeurs, trop heureux qu’on tape ainsi comme des sourds sur ces « feignasses de fonctionnaires ».

Et pourtant !

Et pourtant, il y aurait tant à faire pour améliorer réellement les services publics, les administrations, la fonction publique ! Alors, chers éditorialistes planqués, chers politiciens démagogues, chers néolibéraux statophobes, chers oligarques pognonlâtres, chers piliers de comptoir, tous toujours prêts à nous dégueuler dessus votre trop-plein de haine, vous voulez vraiment que les services publics fonctionnent mieux ? Chiche ! Voici quelques exemples très concrets, que je mets gratuitement à la disposition de tous les dirigeants politiques en manque d’idées.


Sommaire :
1. Répondre aux besoins
2. Arrêter le massacre
3. Résoudre les vrais problèmes


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La République à chaque coin de rue

Devise républicaine

Partout où l’État s’est retiré, les mafias identitaires et/ou criminelles se sont installées, encouragées par les dévots du saint-marché. Face à l’extension du domaine du caïdat, mais aussi, plus généralement, pour sortir la France du marasme dans lequel l’ont plongée des décennies de néolibéralisme (les deux sont liés), une seule politique sérieuse et digne est possible : un réinvestissement massif de la République et de l’État. Pour cela, les politiques dites de la ville et de l’aménagement du territoire doivent être reprises en main avec ce seul objectif : « la République à chaque coin de rue ». Lire la suite

Qu’est-ce que LREM ?

Officiellement, le parti du Président de la République [1] est censé se trouver au milieu de l’axe gauche-droite – donc : au centre ! C’est en tout cas qu’on nous martèle depuis le début de cette histoire, pardon, de cette aventure. Peu importe que l’adoubement, pendant la campagne présidentielle de 2017, par Bayrou du candidat Macron ressemblât plutôt à un renoncement tragique, le Béarnais embrassant subitement tout ce qu’il avait combattu avec panache et justesse dix ans avant sous les traits de Nicolas Sarkozy. Peu importe puisque le Rastignac contemporain [2] recevait ainsi le flambeau des mains mêmes de celui qui incarnait le centre indépendant, voire le « centrisme révolutionnaire » [3], quand ce dernier y trouvait son compte en places et honneurs pour lui et ses favoris. Doit-on pour autant considérer LREM comme un parti « centriste » et la politique du pouvoir actuel comme l’application du « centrisme » ? Lire la suite

Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant

Tous s’y mettent : le pouvoir actuel qui essaie de faire oublier que, par son incurie et son cynisme, il est coupable de milliers de morts ; ses zélés prédécesseurs qui nous ont conduits à l’abyme en appliquant consciencieusement depuis quarante ans les dogmes du néolibéralisme ; les vieilles gloires retirées qui tentent encore un come-back plutôt pitoyable après avoir tant de fois montré leurs limites que personne ne peut les prendre au sérieux ; les opposants épidermiques qui se réjouissent ouvertement de la crise et feignent d’ignorer que le problème avec l’ivresse du Grand Soir, c’est toujours la gueule de bois du petit matin. Tous entonnent en chœur l’air ampoulé du « rien ne sera plus jamais comme avant ! » Qui peut les croire ? Lire la suite

Unité nationale : quelle escroquerie !

Clemenceau_-_Manet

« Le droit d’insulter les membres du gouvernement est inviolable. »
Georges Clemenceau, note adressée le 8 juin 1918 au Bureau de presse

En réponse à la crise sanitaire gravissime que nous subissons, le Président de la République appelle à « l’unité nationale ». Étrange rhétorique de la part de celui qui, en bon disciple de Sarkozy, a dressé les Français les uns contre les autres et dont la responsabilité est majeure dans la débandade actuelle. Lire la suite

Paris, ce clinquant cloaque

Paris n’est plus une fête. Au contraire, elle se vautre dans l’envers démagogique de la fête : le spectacle marchand. Le kitsch a envahi la capitale, livrée à l’idéologie faussement cool d’incultes qui préfèrent les mondanités et la communication aux responsabilités politiques. Terrible contraste : sous leur règne de paillettes, la laideur et la saleté défigurent la ville-lumière. Lire la suite

Paris, entre misère et indécence

Paris est schizophrène. Loin du psittacisme à la mode d’un fantasmatique « vivre-ensemble » dégoulinant de moraline, le territoire parisien se morcelle en ghettos étanches juxtaposant poches de misère et ghettos de riches. Les arrondissements à deux chiffres du nord-est et du sud-est parisien rassemblent l’essentiel des logements sociaux et des structures d’accueil des migrants, toxicomanes et sans-abris, pendant que les autres quartiers se ferment aux rares classes populaires et moyennes qui y demeuraient. Lire la suite

Ma première grève

Pour la première fois, jeudi 9 janvier 2020, j’ai fait grève. Non que l’envie m’en ait manqué auparavant, ayant eu moult occasions et bonnes raisons de participer à d’autre mouvements de protestation contre des mesures gouvernementales iniques ou pour manifester une colère civique à l’encontre d’évolutions qui me semblaient néfastes. Trois raisons m’ont conduit à débuter ainsi l’année, trois écœurements qui ont justifié ce geste symbolique : la réforme des retraites, la destruction des services publics et la politique menée par le pouvoir actuel. Lire la suite