De la vertu en République

Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu

Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu

C’est dans le gouvernement républicain que l’on a besoin de toute la puissance de l’éducation. La crainte des gouvernements despotiques naît d’elle-même parmi les menaces et les châtiments ; l’honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise à son tour ; mais la vertu  politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible.
On peut définir cette vertu, l’amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières ; elles ne sont que cette préférence.
Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or le gouvernement est comme toutes les choses du monde ; pour le conserver, il faut l’aimer.

(Montesquieu [1])

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Français, halte à la haine de soi !

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Claude Monet, La Rue Montorgueil à Paris. Fête du 30 juin 1878

Mes chers compatriotes,

Cessons de nous laisser aller aux passions tristes, à une mélancolie bileuse, à une dépression nombriliste. Abandonnons enfin le déclinisme kitsch et le décadentisme de supermarché qui nous rongent les entrailles. Nous sombrons collectivement dans une mauvaise caricature de l’Héautontimorouménos baudelairien, ce « bourreau de soi-même », ce « sinistre miroir où la mégère se regarde »[1]. Lire la suite

Vote électronique : l’ère de la démocratie-gadget

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« V’là ma cartouche », Honoré Daumier (Source : gallica.bnf.fr, BnF)

La démocratie et le vote. D’un côté : un type de gouvernement, un mouvement historique et un espace public de discussion. De l’autre : un dispositif de sélection et un rituel éminemment symbolique. On ne peut ramener la première au second[1] mais on ne peut non plus dénaturer le second sans affaiblir la première dans le même geste. Or, c’est ce que font ceux qui, aveuglés, ou corrompus, par l’illusion techniciste ou d’alléchantes perspectives pécuniaires, chantent depuis une quinzaine d’années les vertus du « vote électronique ». Et, confondant l’outil et l’activité, se font les VRP des « machines à voter »[2] qu’ils promeuvent comme solutions miracles à l’abstention, à la défiance des électeurs envers les élus, au vote extrémiste… et pourquoi pas promettre la fortune et le retour de l’être aimé, tant qu’on y est ?

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Winter is coming

Les soubresauts d’un monde qui s’effondre suffisent-ils pour espérer autre chose que des convulsions d’agonie ?

Je suis pessimiste. Je pense que nous devons nous préparer à de nombreuses années difficiles : la dissolution de la République ; l’arrivée au pouvoir de gouvernements bien plus à droite que ce que nous avons connu ; l’inscription dans notre quotidien d’attentats réguliers et chaque fois plus meurtriers. Lire la suite

Ci-gît la République

L’espace politique dans lequel nous vivons n’a plus de République que le nom : une coquille creuse, comme un décor de cinéma en carton-pâte, ces façades d’immeubles à deux dimensions derrière lesquelles s’étend le vide. Et même : pas plus que de République, nous ne pouvons parler de démocratie. Que reste-t-il de la res publica ? Quel kratein pour quel demos ? Entourés de ces débris glacés, nous nous berçons d’illusions et nous enfonçons dans un autre modèle de gouvernement qui n’ose dire son nom – si même il en possède un.
L’inculture fait employer ces mots – démocratie, République, ces beaux mots pour lesquels tant sont morts –, à tout moment, pour rien, ou si peu. Dévalués, on n’en connaît même plus le sens. On les ânonne. On se les répète pour se tenir chaud à l’âme et à l’espoir[1] pendant que leur signification disparaît. En leurs noms, on bâtit des pyramides de vent.

Démocratie : l’effondrement en trois dimensions
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La République à la reconquête de ses territoires perdus

J’ai parlé ailleurs de la balkanisation de la nation. Cette fragmentation se retrouve très concrètement dans la géographie même de notre pays. Lorsque l’on parle des territoires français, des mots d’une violence et d’une charge historique inouïes sont souvent employés, y compris par les plus hauts représentants de l’État : « ghettos », « apartheid »… Ces mots ont un sens précis et les utiliser pour décrire la situation actuelle n’est pas anodin.

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Au secours, ils n’ont rien compris !

Hier, soirée électorale. Réactions en vrac.

*

Passons sur la durée que France 2 lui a accordée. Ou plutôt non, commençons par cela : une vingtaine de minutes avant de lancer « le reste des infos » et le film du dimanche soir. Une honte ! À ce rythme, qu’aurons-nous en 2017 ? À 20h00 la tête du nouveau président et à 20h02 Les Bronzés font du ski ? Bravo le service public audiovisuel !

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