Malaise dans la représentation : 3. Morale

Un mandat d’élu n’est pas un poste en entreprise, une élection n’est pas un recrutement lors duquel sont évaluées des compétences et un parcours. Ce n’est pas non plus un concours de sosies dont le vainqueur serait celui qui, grand transformiste, saurait le mieux renvoyer à ses électeurs l’image la plus ressemblante pour les séduire.
Obnubilés par ces conceptions fallacieuses et par l’appât du gain, dans tous les partis, les « spécialistes des élections » découpent la Nation et le territoire en segments auxquels offrir le produit qui répondre le mieux aux désirs qu’ils leur prêtent. Ils prennent en compte un nombre incalculable de critères… parmi lesquels, hélas !, la probité, l’exemplarité et l’incorruptibilité des candidats, qualités qui dérivent toutes trois de la vertu civique, ne pèsent pas lourd. Lire la suite

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Malaise dans la représentation : 2. Identité

L’identité ne fait pas la légitimité. Si, comme évoqué précédemment, seuls les entrepreneurs sont légitimes à parler d’entreprises (et pourquoi pas plutôt les ouvriers ?) et les fonctionnaires de services publics, alors seules les femmes sont légitimes à parler des droits des femmes, seuls ceux dont le taux de mélanine dépasse un certain seuil sont légitimes à parler de racisme, etc. etc. Lire la suite

Malaise dans la représentation : 1. Compétence

Selon quels critères devons-nous élire nos représentants ? Dit autrement : quelles doivent être les qualités d’un élu ? efficacité oratoire, fortune personnelle, compétences techniques, expérience professionnelle antérieure, ressemblance à ses électeurs, souci de l’intérêt général… ? La liste, longue, peut encore s’étendre à l’infini.
En arrière-plan de ces questions en apparence anodines, se pose celle, cruciale, de la représentation, qui a passionné tous les penseurs politiques depuis des siècles et dont les multiples réponses occupent des kilomètres linéaires de rayonnages dans les bibliothèques de philosophie politique.
Nulle prétention de synthétiser ici l’ensemble de ces réflexions très intelligentes[1]. En trois courts billets, je me propose plutôt d’interroger quelques errements contemporains liés à des conceptions biaisées de la représentation.

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Aujourd’hui, la mode est à la « compétence ». Pour être légitime, un élu doit être « compétent ». Certes. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Lire la suite

Le cirque des jeux

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Les JO 2024 se tiendront à Paris. Youpi. Tout le monde est content de vivre cette grande communion internationale dans le sport !
Tout le monde ? Non !
En réalité, ces jeux sont une très très mauvaise nouvelle…

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J’arrive !

Chers lecteurs du blog de Cincinnatus, bonjour.

Je me présente : Cinci Jr. Enfin… pour l’instant je m’appelle comme ça parce que mon genre n’est encore qu’une théorie. Je fais confiance à Cinci, mon futur papa, pour me trouver un petit nom sympa quand les choses seront plus… précises. Lire la suite

Les lectures de Cinci : la souveraineté sous les assauts du néolibéralisme

Avant les vacances, petits conseils de lectures : voici deux essais stimulants sur l’effacement progressif de la souveraineté populaire au profit de la technocratie et de l’idéologie néolibérale. Bonnes lectures !

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Natacha Polony et le Comité Orwell, Bienvenue dans le pire des mondes, Plon, 2016

Le livre en deux mots

410hFzOGU5L._SX329_BO1,204,203,200_Natacha Polony a réuni autour d’elle le Comité Orwell, « collectif de journalistes pour la défense de la souveraineté populaire et des idées alternatives dans les médias », avec lequel elle a publié un essai vigoureux au titre provocateur inspiré non d’Orwell mais de Huxley. Consacré à leur thème de prédilection – la disparition de souveraineté –, il démontre comment nous nous engageons en souriant dans une nouvelle forme d’asservissement, dont il dresse le portrait sous le nom de « soft totalitarisme ». Lire la suite

Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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