Les lectures de Cinci : un grand humaniste – Romain Gary

Avant une pause estivale de quelques semaines, je voudrais inviter les lecteurs de ce blog à se tourner vers l’un de mes écrivains préférés : Romain Gary. Cet auteur allie dans chacun de ses ouvrages intelligence, élégance et lucidité, à tel point que choisir parmi ses romans ceux qui devraient être mis en avant devient une entreprise douloureuse. J’en ai sélectionné cinq mais il faut lire aussi tous les autres. Parce que Gary aide à devenir humain.

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La Promesse de l’aube, Romain Gary, Folio, 1960.

Le livre en deux mots

Attention : chef-d’œuvre d’humanisme !
Dans ce roman autobiographique, Gary mêle réalité et fiction avec pudeur. Du gamin de Vilnius au héros de la Résistance, il se raconte avec cette ironie qu’il manie si bien, cet humour lucide, toujours juste, parfois cruel, envers lui-même et ses contemporains. Mais la narration de sa jeunesse est surtout le prétexte à un émouvant hommage à sa mère. Lire la suite

Discours (imaginaire) à la nation

Dans quelques jours, le Président s’adressera à la nation pour ses traditionnels vœux du 31 décembre. S’il manque d’idées, je lui offre un discours tout prêt. Allez François, c’est cadeau.

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

L’année qui se termine ce soir fut douloureuse pour notre nation. Au-delà des mots. Par deux fois, en janvier puis en novembre, nos valeurs, notre culture, tout ce qui nous relie a été frappé avec une violence inédite sur notre territoire. Ces attaques lâches nous ont bouleversés. Et en même temps nous avons montré une capacité inouïe de faire front ensemble, de ressouder la nation. Oui : la nation française, c’est cette volonté politique de partager un destin, de s’ancrer dans une histoire, de vivre pour construire quelque chose de plus grand, qui nous dépasse, d’édifier des ponts, des liens, entre nous, d’augmenter les fondations que nous héritons de nos prédécesseurs et de léguer, à notre tour, un monde qui nous soit commun. Tout cela, mes chers compatriotes, vous avez su le porter comme le message ferme et définitif de ce qu’est la France, de ce qu’elle a toujours été et sera toujours. Je vous remercie d’avoir ainsi pu rappeler au monde que le peuple français constitue une nation politique dont la vocation est inscrite dans sa devise universelle : liberté, égalité, fraternité.

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Écologie : pour une réponse républicaine

Troisième et dernier billet sur l’écologie. On a démasqué les tartuffes néolibéraux et mis en garde contre les techno-béats, puis rejeté les prophètes d’apocalypse et fustigé la pensée magique. Il est temps maintenant de réfléchir à ce que serait une conception humaniste et républicaine de l’écologie.

Il y a une affinité presque « naturelle » du républicanisme pour les enjeux environnementaux : importance du bien commun et de l’intérêt général ; édification continue d’un lien entre les morts, les vivants et les à-naître ; responsabilités réciproques de l’individu et de la société ; conception exigeante de la citoyenneté et de la participation à la vie de la Cité ; collégialité et délibération comme méthodes de la décision ; prééminence du politique sur l’économique ; réflexion critique et balancée sur la modernité… Autant de caractéristiques de la pensée républicaine qui devraient la rendre particulièrement à même d’appréhender les questions écologiques, non par l’angle étroit et misérable de la seule économie ni d’une eschatologie bas de gamme, mais bien du point de vue politique.
Nous sommes face à un enjeu de civilisation qui nous impose de proposer une vision claire et cohérente de la société que nous voulons édifier.
Et de cette vision découlent les actions à mettre en œuvre[1].

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Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Deuxième billet d’une série de trois consacrés à l’écologie. Après la dénonciation des tartuffes capitalistes et des techno-béats scientistes, on va s’intéresser aux prophètes d’apocalypse et aux adeptes de la pensée magique qui prétendent, eux aussi, apporter des réponses simplistes à des questions complexes.

À l’opposé des scientistes décrits précédemment, des mouvements souvent issus de l’écologie profonde (deep ecology) portent une rhétorique et des propositions radicales. Soyons clair : tout n’est pas à jeter dans l’écologie profonde telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce que je souhaite pointer ici, ce sont des discours qui s’en inspirent pour affirmer un rejet massif de l’homme et de la civilisation. En utilisant le fait, parfaitement avéré, que l’homme est responsable des pires bouleversements que la planète ait connus, ceux-là proposent au mieux, le retour aux arbres et aux grottes ou, au pire, une réduction massive de l’espèce humaine[1], si ce n’est son éradication pure et simple. Au rêve technophile des précédents s’oppose un cauchemar anthropophobe. Youpi. Lire la suite

Écologie : entre tartuffes et idiots inutiles

Avec le retour du printemps, j’inaugure ici une série de trois petits billets sur l’écologie. Chacun pourra être lu séparément même s’ils forment un tout cohérent.

Le réchauffement planétaire[1] est le plus grave danger qui pèse sur l’homme, ses sociétés et l’ensemble de la planète. Dire que nos générations seront jugées sur leur capacité à y répondre, c’est ne pas comprendre qu’il n’y aura sans doute personne pour nous juger si nous échouons.
Rien de moins.
Et toutes les questions environnementales sont liées : réchauffement planétaire, destruction de la biodiversité, extinction des ressources fossiles et crise énergétique, pollutions, agriculture intensive, malbouffe… Chacune doit recevoir des réponses adaptées, mais aucune ne peut être pensée indépendamment des autres : c’est là l’une des difficultés principales.

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