Le cirque des jeux

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Les JO 2024 se tiendront à Paris. Youpi. Tout le monde est content de vivre cette grande communion internationale dans le sport !
Tout le monde ? Non !
En réalité, ces jeux sont une très très mauvaise nouvelle…

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Plaidoyer pour la liberté sexuelle contre les nouvelles ligues (de vertu)

J’ai toujours pensé que l’hétérosexualité pure, pas plus que l’homosexualité intégrale, n’ont de réalité[1]. Je les conçois plutôt comme deux pôles idéals-typiques d’un arc continu sur lequel chaque individu se positionne et peut évoluer. Pour le dire autrement : je suis convaincu que personne n’est 100% hétéro ni homo, mais bien « plutôt ceci » ou « plutôt cela » et peut changer, découvrir, vivre des expériences divergentes, au hasard des rencontres[2]. En effet, quel hétérosexuel n’a jamais été ému devant le pouvoir érotique d’une sculpture ou d’un corps vivant du même sexe ? Quel homosexuel peut affirmer n’avoir jamais éprouvé la sensualité d’une peau de l’autre rive ? Sans doute en trouvera-t-on : rien n’interdit que l’avenir leur réserve des surprises… et tant mieux.

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Ci-gît la République

L’espace politique dans lequel nous vivons n’a plus de République que le nom : une coquille creuse, comme un décor de cinéma en carton-pâte, ces façades d’immeubles à deux dimensions derrière lesquelles s’étend le vide. Et même : pas plus que de République, nous ne pouvons parler de démocratie. Que reste-t-il de la res publica ? Quel kratein pour quel demos ? Entourés de ces débris glacés, nous nous berçons d’illusions et nous enfonçons dans un autre modèle de gouvernement qui n’ose dire son nom – si même il en possède un.
L’inculture fait employer ces mots – démocratie, République, ces beaux mots pour lesquels tant sont morts –, à tout moment, pour rien, ou si peu. Dévalués, on n’en connaît même plus le sens. On les ânonne. On se les répète pour se tenir chaud à l’âme et à l’espoir[1] pendant que leur signification disparaît. En leurs noms, on bâtit des pyramides de vent.

Démocratie : l’effondrement en trois dimensions
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Le monde commun selon Hannah Arendt (5) – Épilogue : fuir le monde commun pour jouir du privé ?

Sans la beauté, c’est-à-dire sans la gloire radieuse par laquelle une immortalité potentielle est rendue manifeste dans le monde humain, toute vie d’homme serait futile, et nulle grandeur durable.

Hannah Arendt, La Crise de la culture

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Ce dernier billet de la série consacrée au concept de monde commun chez Hannah Arendt peut se lire sans avoir pris connaissance des précédents.

Refuser l’appartenance au monde commun et se réfugier dans son domaine exclusivement privé revient à se priver du monde, un renoncement qui  prend la forme de la jouissance et de la consommation d’une vie retirée derrière les murs de la famille et consacrée aux loisirs. Lire la suite

Le monde commun selon Hannah Arendt (4) – L’explosion du monde commun

Avec l’extension du privé entre intime et public, le monde commun est en danger d’explosion.

Le débordement de l’intime

D’une part, le retrait dans le privé impose les règles de celui-ci à toutes les relations qui se mesurent désormais à l’aune de l’intime. Son exposition publique devient un standard du comportement. L’intime est révélé volontairement dans l’exhibition de soi quand, chez l’autre, le regard inquisiteur cherche ses effractions involontaires. Lire la suite

Le monde commun selon Hannah Arendt (3) – L’extension du privé, entre intime et public

L’apparition puis le débordement d’un domaine intermédiaire entre l’intime et le public – le privé – semble un mouvement propre à la modernité. Il a été décrit par de nombreux auteurs, dont Richard Sennett. Suivons quelque temps sa démonstration pour comprendre les dangers qui pèsent sur le monde commun.

Sennett montre que la violence à l’œuvre dans le monde capitaliste du XIXe siècle pousse ceux qui peuvent alors se le permettre à trouver refuge dans l’univers clos de la famille. Le retrait dans l’intime revalorise et idéalise la vie de famille au point d’en faire un modèle pour les relations interpersonnelles. Refuge face aux horreurs de la société, elle devient progressivement l’étalon moral pour mesurer le domaine public qui, dès lors, apparaît comme un domaine moralement inférieur. Lire la suite

Le monde commun selon Hannah Arendt (2) – L’intime et le monde commun, entre ombre et lumière

Le monde commun se dessine sur l’arrière-plan du monde caché de l’intime :

Parce que notre sens du réel dépend entièrement de l’apparence et donc de l’existence d’un domaine public où les choses peuvent apparaître en échappant aux ténèbres de la vie cachée, le crépuscule lui-même qui baigne notre vie privée, notre vie intime, est un reflet de la lumière crue du domaine public[1].

En effet, toute expérience intime ne prend sa pleine réalité qu’une fois offerte aux sens des autres comme de soi. Pour être considérée comme réelle, elle doit être perceptible. Ce passage du caché au visible, de l’intime au public, de l’expérience individuelle à l’histoire commune, relève d’une mise en scène dont les limites définissent la frontière ultime entre l’intime et le public : ce qui ne peut être offert aux sens des autres parce que trop subjectif. Lire la suite