Misère de l’économicisme : 4. Feu sur l’État

LeviathanLe Realissimum de Voegelin, l’idée au cœur de l’idéologie, prend chez les néolibéraux la forme de cette croyance aveugle en la toute-puissance bienfaisante des marchés qui se double nécessairement d’une haine viscérale à l’encontre de tout ce qui pourrait la restreindre – au premier chef : l’État. Le « monstre froid » nietzschéen devient, dans l’eschatologie néolibérale, non plus Léviathan mais Satan lui-même : l’incarnation de l’Ennemi. À les entendre, tous les vices du capitalisme contemporain ne peuvent en aucun cas découler de l’application de leur idéologie ploutocratique mais seulement de ce dinosaure archaïque non soumis à la loi universelle de la « main invisible ». La pensée et les discours néolibéraux commandent une action entièrement tournée vers la « libération des marchés », c’est-à-dire concrètement vers la destruction consciente et volontaire de l’État et des services publics, entraves insupportables à la « liberté d’entreprendre » et autre « concurrence libre et non faussée » – dont on a vu combien elle était en réalité non libre et faussée [1].

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Misère de l’économicisme : 2. L’idéologie néolibérale

Les économistes ne sont pas les seuls atteints de néolibéralite aigüe : les derniers hommes du Zarathoustra nietzschéen qui clignent de l’œil [1] sont légions parmi les journalistes, éditorialistes, politiques et petits gris de Berlin, Bruxelles et Bercy. Qu’ils soient Candide ou Tartuffe, ils colportent la propagande néolibérale qui ne repose donc en rien sur la science, comme elle le prétend, mais bien sur l’idéologie – prise aux sens qu’en donnent à la fois Ricœur et Arendt. Ainsi le néolibéralisme apparaît-il comme l’idéologie qui accompagne et légitime le mode de production dominant actuel : un capitalisme financiarisé, mondialisé, dans lequel les grandes entreprises comme les classes les plus aisées s’affranchissent des cadres stato-nationaux légaux, fiscaux, politiques et éthiques. Lire la suite

La Silicon Valley au service du transhumanisme

L’imaginaire collectif des transhumanistes déborde largement les limites de ses thuriféraires assumés, en particulier grâce aux moyens que ceux-ci mettent à sa diffusion : ceux des grandes entreprises de la Silicon Valley et du capitalisme mondialisé. Mais ne nous y trompons pas : l’une des forces de cette pensée, c’est sa sincérité. La volonté de puissance et de profit, qui se perçoit en particulier dans l’accaparement des données personnelles ou le mépris des lois des États-nations, ne doit pas la masquer. Évidemment, ce sont des vautours qui cherchent à gagner un maximum de pognon. Mais ce n’en sont pas pour autant de vulgaires escrocs qui vendraient du rêve pour faire du fric au détriment des pigeons qui croiraient à leurs balivernes. Lire la suite

L’avarice fiscale

La peste soit de l’avarice, et des avaricieux.
(Molière, L’Avare, Acte I, Scène 3)

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Touche pas au grisbi !

Ceux qui refusent de payer l’impôt ou réclament d’en payer toujours moins ne sont que des traîtres qui cherchent à s’abstraire de la solidarité nationale. L’impôt n’est pas une punition : que ces gamins mal élevés et capricieux cessent donc de se plaindre ! Lire la suite

Veillée funèbre pour l’honneur disparu

Sous le crépuscule hivernal, ils ne se retrouvèrent qu’une poignée, rassemblés devant la modeste tombe. La pierre laissait lire ces seuls mots gravés : « Ci-gît l’honneur ».

Après un long silence, le premier parla ainsi :
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Que faire ?

Ce titre léniniste résume l’abattement général chez les républicains[1] sincères.
Où que l’on se tourne, cette même question : « que faire ? »… qui vaut toujours mieux qu’un « à quoi bon ? » résigné.
Prenons-nous à rêver un instant à la manière dont les événements pourraient tourner en notre faveur, quitte à faire preuve d’une bonne dose d’idéalisme, d’angélisme ou de naïveté – appelez cela comme vous voulez.

D’abord, nous remportons la guerre idéologique.

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Face à l’horreur : penser et agir

Depuis vendredi, tant a été dit, tant a été écrit. L’essentiel a déjà été exprimé, martelé, parfois mieux que je ne pourrais le faire. Pourquoi en rajouter ?
Parce que c’est ainsi qu’on lutte contre les salopards.

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