L’humanisme comme remède au transhumanisme

Vitruve

L’homme de Vitruve, par Léonard de Vinci

Et si la meilleure réponse à l’hybris transhumaniste était à chercher dans l’humanisme, tout simplement ? Quoi, l’humanisme ? Cette notion désuète, rendue ringarde par la modernité triomphante qui prétend la dépasser par l’adjonction des préfixes trans- ou post- ? Quelle drôle d’idée ! Quel anachronisme de mauvais goût ! L’on se souvient même qu’à une certaine époque, l’humanisme se donnait une dimension politique en se payant le luxe de s’accompagner de l’épithète civique. L’humanisme civique, synonyme de républicanisme : concepts surannés à l’heure où l’on préfère remplacer civique par citoyen, substantif étrangement devenu adjectif cuisiné à toutes les sauces. Discrédités, calomniés, ridiculisés par les prétentieux adorateurs du monde moderne, renvoyés sans appel dans le camp « réac » comme tous ceux qui n’acceptent pas aveuglément les promesses sucrées d’une technique toute-puissante, l’humanisme et le républicanisme n’ont pourtant peut-être pas dit leur dernier mot. Lire la suite

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L’hybris transhumaniste : idéologie et utopie

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h+ : un des logos-symboles du transhumanisme

Les histoires que nous servent les trans- et les post-humanistes ne doivent pas être méprisées comme les délires de gogos illuminés ou de quelques geeks fans de science-fiction [1]. Ce serait passer à côté de l’un des courants de pensée les plus puissants et les plus influents de notre époque. Et d’autant plus puissant et influent qu’il est doté des moyens financiers que lui fournit le capitalisme mondialisé, des moyens technologiques de la Silicon Valley, et des moyens symboliques de l’industrie du spectacle.
Alors : le transhumanisme, combien de divisions ?
Suffisamment pour être pris au sérieux.

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Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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Les lectures de Cinci : un grand humaniste – Romain Gary

Avant une pause estivale de quelques semaines, je voudrais inviter les lecteurs de ce blog à se tourner vers l’un de mes écrivains préférés : Romain Gary. Cet auteur allie dans chacun de ses ouvrages intelligence, élégance et lucidité, à tel point que choisir parmi ses romans ceux qui devraient être mis en avant devient une entreprise douloureuse. J’en ai sélectionné cinq mais il faut lire aussi tous les autres. Parce que Gary aide à devenir humain.

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La Promesse de l’aube, Romain Gary, Folio, 1960.

Le livre en deux mots

Attention : chef-d’œuvre d’humanisme !
Dans ce roman autobiographique, Gary mêle réalité et fiction avec pudeur. Du gamin de Vilnius au héros de la Résistance, il se raconte avec cette ironie qu’il manie si bien, cet humour lucide, toujours juste, parfois cruel, envers lui-même et ses contemporains. Mais la narration de sa jeunesse est surtout le prétexte à un émouvant hommage à sa mère. Lire la suite

Quand le théâtre nous rend humains

Cieux, tendez-vous de noir ! Jour, fais place à la nuit !
Comètes, qui annoncez les révolutions dans les siècles et les États,
Brandissez dans le firmament vos tresses de cristal,
Pour en fouetter les mauvaises étoiles rebelles
(Shakespeare, Henry VI)

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J’ai eu la chance d’assister en peu de temps à deux spectacles particulièrement réussis. Tout semble les opposer sauf l’essentiel : ils incarnent tous les deux ce qui rend le théâtre nécessaire à l’homme.

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Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Deuxième billet d’une série de trois consacrés à l’écologie. Après la dénonciation des tartuffes capitalistes et des techno-béats scientistes, on va s’intéresser aux prophètes d’apocalypse et aux adeptes de la pensée magique qui prétendent, eux aussi, apporter des réponses simplistes à des questions complexes.

À l’opposé des scientistes décrits précédemment, des mouvements souvent issus de l’écologie profonde (deep ecology) portent une rhétorique et des propositions radicales. Soyons clair : tout n’est pas à jeter dans l’écologie profonde telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce que je souhaite pointer ici, ce sont des discours qui s’en inspirent pour affirmer un rejet massif de l’homme et de la civilisation. En utilisant le fait, parfaitement avéré, que l’homme est responsable des pires bouleversements que la planète ait connus, ceux-là proposent au mieux, le retour aux arbres et aux grottes ou, au pire, une réduction massive de l’espèce humaine[1], si ce n’est son éradication pure et simple. Au rêve technophile des précédents s’oppose un cauchemar anthropophobe. Youpi. Lire la suite