Tyrannie de la minorité

déclaration dh 1789

Article premier : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »

En démocratie, la crainte est toujours justifiée d’une « tyrannie de la majorité » [1]. Or on assiste aujourd’hui à une autre forme d’asservissement : celle de l’espace public par les revendications identitaires de minorités, ou plutôt d’individus se considérant comme discriminés selon une dimension de leur être qu’ils affirment à la fois essentielle et minoritaire. La lutte contre les discriminations, en temps normal parfaitement légitime, se trahit et laisse place à des revendications agressives, l’affirmation du droit à la différence basculant dans l’exigence d’une différence de droits à raison d’une identité unidimensionnelle fantasmée. Lire la suite

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L’humanisme comme remède au transhumanisme

Vitruve

L’homme de Vitruve, par Léonard de Vinci

Et si la meilleure réponse à l’hybris transhumaniste était à chercher dans l’humanisme, tout simplement ? Quoi, l’humanisme ? Cette notion désuète, rendue ringarde par la modernité triomphante qui prétend la dépasser par l’adjonction des préfixes trans- ou post- ? Quelle drôle d’idée ! Quel anachronisme de mauvais goût ! L’on se souvient même qu’à une certaine époque, l’humanisme se donnait une dimension politique en se payant le luxe de s’accompagner de l’épithète civique. L’humanisme civique, synonyme de républicanisme : concepts surannés à l’heure où l’on préfère remplacer civique par citoyen, substantif étrangement devenu adjectif cuisiné à toutes les sauces. Discrédités, calomniés, ridiculisés par les prétentieux adorateurs du monde moderne, renvoyés sans appel dans le camp « réac » comme tous ceux qui n’acceptent pas aveuglément les promesses sucrées d’une technique toute-puissante, l’humanisme et le républicanisme n’ont pourtant peut-être pas dit leur dernier mot. Lire la suite

Les lectures de Cinci : la laïcité et ses ennemis

Le grand détournement, Fatiha Boudjahlat, Les éditions du Cerf, 2017.

Le livre en deux mots

9782204122795-59e7435365ccaFatiha Agag-Boudjahlat est une républicaine passionnée. L’enseignante et ancienne secrétaire nationale du MRC à l’éducation vit les agressions contre la laïcité au quotidien, au point de fonder le mouvement Viv(r)e la République avec sa complice Céline Pina [1], que je salue ici. Mais ça ne lui suffit pas : lassée de devoir répéter les mêmes arguments, de subir les mêmes attaques iniques, d’assister aux reculs et abandons de territoires entiers de la République au profit des mafias identitaires, elle nous livre ce premier ouvrage riche de ses expériences et de ses convictions. Lire la suite

Petite missive adressée à mes amis insoumis

Cette lettre a été écrite il y a quelque temps déjà, parallèlement à la précédente adressée à mes amis centristes. Son brouillon était déjà très avancé lorsque j’ai découvert celle d’Ambroise de Rancourt à Jean-Luc Mélenchon sur le blog de Coralie Delaume. Dans la mesure où un certain nombre de nos points de vue se recoupent largement, je me suis interrogé sur l’opportunité de publier la mienne. Mais c’est justement parce que je partage globalement ses critiques, ainsi que celles de nombreux militants de la France insoumise (et je prends pour un signal important la tribune d’Henri Pena-Ruiz dans Marianne cette semaine), que j’ai choisi de poursuivre ma démarche et de participer au débat qui, je crois, doit nécessairement s’ouvrir quant à la Weltanschauung de ce mouvement. Les lecteurs de ce blog ne seront guère étonnés de retrouver développés les enthousiasmes et les critiques que j’ai déjà exprimés ici depuis plusieurs mois.

*

Chers amis,

Vous le savez, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon, parce que j’ai vu en lui un républicain sincère, un ardent défenseur de la laïcité. J’avais déjà voté pour lui en 2012. À l’époque, contrairement à beaucoup, je n’avais pas été choqué par sa campagne de bruit et de fureur. Elle témoignait, à mes yeux, d’une passion politique et de convictions fortes qui tranchaient avec l’unanimisme désespérant du TINA néolibéral [1]. J’ai ensuite suivi son évolution avec un intérêt critique, pendant cinq ans, jusqu’à la dernière présidentielle. Lire la suite

Malaise dans la représentation : 2. Identité

L’identité ne fait pas la légitimité. Si, comme évoqué précédemment, seuls les entrepreneurs sont légitimes à parler d’entreprises (et pourquoi pas plutôt les ouvriers ?) et les fonctionnaires de services publics, alors seules les femmes sont légitimes à parler des droits des femmes, seuls ceux dont le taux de mélanine dépasse un certain seuil sont légitimes à parler de racisme, etc. etc. Lire la suite

Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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Pour une (vraie) recomposition politique

« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. »
« Pour que rien ne change… »
Le Guépard

Il l’a, sa majorité. 350 députés sur 577.
C’est une vague !… c’est une déferlante… c’est un raz-de-marée ! Que dis-je, c’est un raz-de-marée ?… C’est un tsunami !
Bon… « en même temps »©, c’est moins que prévu il y a une semaine, c’est vrai… mais quand même… 350 députés pour celui dont la candidature, il y a encore deux ans, n’était qu’une blague entre patrons de presse et pubards cocaïnés, c’est beaucoup, non ? Lire la suite