Malaise dans la représentation : 2. Identité

L’identité ne fait pas la légitimité. Si, comme évoqué précédemment, seuls les entrepreneurs sont légitimes à parler d’entreprises (et pourquoi pas plutôt les ouvriers ?) et les fonctionnaires de services publics, alors seules les femmes sont légitimes à parler des droits des femmes, seuls ceux dont le taux de mélanine dépasse un certain seuil sont légitimes à parler de racisme, etc. etc. Lire la suite

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Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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« Désolidarisez-vous ! »

L’impératif réfléchi cingle. L’ordre tonne de manifester la négation d’un rapport exhibé. Il s’adresse aux soutiens d’un candidat après un éclat ou une bouffonnerie oratoires, aux musulmans après un attentat commis au nom de leur croyance, aux hommes après l’ignoble agression d’une femme… en somme : à l’ensemble des membres d’un groupe, que la constitution de celui-ci soit réelle ou fantasmée, lorsque l’un d’entre eux, ou considéré tel à tort ou à raison, s’illustre dans l’abject. Afin de réintégrer le tout, les individus reçoivent l’injonction d’affirmer la distance qui les sépare de l’autre au sein de la partie.

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Identités choisies

Né à l’étranger, dans une pomme, j’ai grandi en France avec deux passeports. Par l’un d’eux, le bleu, je suis citoyen d’une forteresse que des millions de personnes rêvent d’investir… sans que pour autant je n’y sois jamais retourné. Cette double nationalité fait partie de moi, elle m’a accompagné toute ma vie, le plus souvent à travers les questions qu’elle suscite chez les autres : le fantasme du modèle absolu contemporain et, simultanément, du repoussoir tout aussi excessif. Baigné comme tous dans la saturation spectaculaire de cet imaginaire-monde, sans l’avoir cherché je me suis distingué par cette appartenance à « l’autre côté de l’écran ».
Je pourrais revendiquer cette identité, au nom du sol me prétendre de là-bas plus que d’ici, et ignorer le goût d’imposture. Je pourrais aussi la rejeter, y renoncer dans un geste grandiloquent et sot.
Je choisis de l’accepter, un peu comme la couleur de mes cheveux : comme un fait qui m’appartient, me constitue mais ne me définit pas.

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