« Désolidarisez-vous ! »

L’impératif réfléchi cingle. L’ordre tonne de manifester la négation d’un rapport exhibé. Il s’adresse aux soutiens d’un candidat après un éclat ou une bouffonnerie oratoires, aux musulmans après un attentat commis au nom de leur croyance, aux hommes après l’ignoble agression d’une femme… en somme : à l’ensemble des membres d’un groupe, que la constitution de celui-ci soit réelle ou fantasmée, lorsque l’un d’entre eux, ou considéré tel à tort ou à raison, s’illustre dans l’abject. Afin de réintégrer le tout, les individus reçoivent l’injonction d’affirmer la distance qui les sépare de l’autre au sein de la partie.

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Vae victis

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Le « walk of shame » de Cersei dans Game of Thrones : modèle de cette élection ?

Depuis une semaine, la campagne présidentielle est terminée. Emmanuel Macron est le nouveau président de la République. Tant mieux pour lui. Comme beaucoup, j’ai mis dans l’urne un bulletin à son nom, ne faisant mon choix qu’au dernier moment, dans l’isoloir. On ne s’étonnera pas que cela ne signifie pas une adhésion au personnage ni à son programme : au contraire [1]. Quoiqu’amère, j’assume cette décision parce que c’est mon vote, décidé en conscience… et malgré toutes les innommables pressions exercées entre les deux tours. Car, si la campagne électorale avant le premier tour avait déjà été odieuse, celle qui a suivi a repoussé les bornes de l’abjection. C’est toute la France qui a sombré dans une folie puérile et suicidaire [2].
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Mélenchon et Le Pen, ce n’est pas pareil !

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Caricature de Plantu parue dans L’Express du 19 janvier 2011

Comparer Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen est devenu un lieu commun médiatique pour les jeter dans un même panier étiqueté « populistes ». Du dessin dégueulasse de Plantu à la veulerie des présentateurs de « L’Émission politique » de France 2 ou aux fats chroniqueurs de Ruquier, cet arrogant bouffon antidémocrate, nous subissons un matraquage volontaire selon lequel le candidat de la France insoumise et la candidate du Front national, ce serait bonnet blanc et blanc bonnet. Les Dupont et Dupond du populisme en quelque sorte. Lire la suite

Le travail, c’est la santé

Travail, s. m.

  1. Nom donné à des machines plus ou moins compliquées, à l’aide desquelles on assujettit les grands animaux, soit pour les ferrer, quand ils sont méchants, soit pour pratiquer sur eux des opérations chirurgicales.
  2. Par extension du sens d’instrument qui assujettit, gêne, fatigue ; c’est le sens primordial comme le montre l’historique.
  3. Soins et soucis de l’ambition.
  4. Inquiétude.
  5. Travail d’enfant, ou, simplement, travail, douleurs de l’enfantement, ou, techniquement, succession de phénomènes violents et douloureux dont l’ensemble caractérise la fonction de l’accouchement.
  6. Peine qu’on prend pour faire quelque chose. Le travail du corps. Le travail de l’esprit.
  7. Service auquel on soumet les animaux.
  8. Se dit de l’action d’une machine ou du résultat de cette action.

Etc. etc.
[Littré]

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Le cas Macron

2014-11-17_emmanuel_macron_ministre_de_l_economie_de_lindustrie_et_du_numerique_at_bercy_for_global_entrepreneurship_week_7eme_cae_conference_annuelle_des_entrepreneursNom : Macron
Prénom : Emmanuel
Surnom : « le Mozart de la finance », « le Taré du troisième étage » (par Michel Sapin, son colocataire à Bercy), « le Coucou », « le petit marquis poudré » (par Laurent Fabius quand celui-ci dirigeait la diplomatie française), « Brutus »…
Parti : En Marche (avec un jeu de mots très subtil sur les initiales)
Famille de pensée politique : libéral chimiquement pur

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Apologie du blockbuster

On a tous des petits plaisirs coupables. Je le confesse : j’aime à sacrifier régulièrement aux divertissements de masse, tout particulièrement en matière cinéphilique[1]. Comme quoi, on peut se revendiquer esthète et apprécier les grosses productions qui tachent[2]. Allez, petite analyse peu sérieuse du phénomène en trois degrés de lecture. Lire la suite

Le cas Fillon

francois-fillonNom : Fillon
Prénom : François
Surnom : « le collaborateur » (pour Sarkozy président), « l’eunuque » (du même), « sans couille » (encore la kolossale finesse de Sarko), « loser » (plutôt affectif venant toujours du troisième de la primaire), « pauvre type » (ai-je besoin de préciser ?), « Monsieur Pipi » (celle-ci est de Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale, agacé de le voir disparaître aux toilettes à l’approche de chaque texte délicat), « Mister Nobody », « Thatcher de la Sarthe », « Courage, Fillon », « Droopy »…
Parti : LR
Famille de pensée politique : traître au séguinisme, parfaite alliance libérale-identitaire de droite

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