Le cas Valls

Nom : Valls
Prénom : Manuel
Surnom : « Sarko de gauche », « Kommandantur » (lorsqu’il dirigeait la communication de campagne du candidat Hollande), « Pepe » (pour Cécile Dufflot qui connaît ses classiques gaulois)…
Parti : Parti socialiste dont il aimerait bien changer le nom
Famille de pensée politique : drôle de tentative de marier la carpe républicaine et le lapin libéral

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Les lectures de Cinci : trois ouvrages autour de la laïcité

Pour inaugurer cette nouvelle série, trois essais qui traitent, chacun à sa manière, de ce concept précieux : la laïcité, objet complexe car à la fois règle juridique d’organisation de la Cité, idéal philosophique et politique, et cible polémique dans le débat public.

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penser la laïcitéPenser la laïcité, Catherine Kintzler, Minerve, 2014.

Le livre en deux mots

La philosophe Catherine Kintzler, dont le blog Mezetulle est une merveille d’intelligence, nous livre une analyse philosophique impeccable et lumineuse du concept de laïcité, en le rattachant aux débats concrets dont il a été l’enjeu ces dernières décennies. Lire la suite

Quelque chose de pourri au royaume des SHS

Mais que se passe-t-il chez les chercheurs en sciences humaines et sociales (SHS) ? Sont-ils donc devenus fous ?
On aurait pu espérer que les mésaventures ahurissantes de Marcel Gauchet en 2014 ne fussent que le triste corollaire de la malfaisance de démagogues en mal de buzz. Hélas !, les cas se sont récemment multipliés de manière inquiétante. En février, la polémique qui a entouré les prises en position courageuses de l’écrivain Kamel Daoud avait de quoi laisser pantois. Dans une tribune au journal le Monde, un « collectif » de chercheurs l’a pris à parti. Comme Élisabeth Badinter quelques semaines plus tôt, il fut sommé de se taire parce qu’il avait refusé d’entrer dans le jeu des islamistes qui accusent d’« islamophobie » tout discours ferme sur la laïcité. Étrange conception de la confrontation d’idées pour des universitaires. D’autant que ce qui les rassemble paraît tenir dans une haine viscérale de la République. Certains sont même allés jusqu’à inventer le mot-valise « réac-publicain » dont ils parsèment leurs libelles, mélange révoltant de « réactionnaire », adversaire de la Révolution, et de « républicain », héritier de la Révolution : montage improbable et infamant dont ils décorent sans distinction républicains sincères et dévots de l’extrême-droite.
L’anathème remplace la joute, l’assignation au silence et l’appel au boycott empêchent volontairement le débat. Comment des universitaires peuvent-ils descendre aussi bas dans la bêtise crasse ?

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À propos du « Printemps républicain »

Une fois n’est pas coutume, je réagis ici à chaud à l’actualité. Dimanche 20 mars 2016, j’ai participé au lancement du « Printemps républicain »[1].
Je ne pouvais que me réjouir de cette initiative. Des citoyens qui se rassemblent pour discuter de leurs conceptions de la République et de leurs visions du monde, de l’homme et de la société : belle perspective !

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Qu’ils me traitent donc d’islamophobe !

Assez d’atermoiements ! Assez de reculades ! Assez de compromissions !

Il y a maintenant trois semaines, le dimanche 24 janvier 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était l’invitée de l’émission Le Supplément sur Canal+. Une séquence a fait couler beaucoup d’encre : après un reportage sur BarakaCity, une association se présentant comme « humanitaire » mais soupçonnée de relations sulfureuses avec les terroristes qui ont ensanglanté la France en 2015, son dirigeant, Idriss Sihamedi, connu pour ses saillies indignes sur les réseaux sociaux, aligne les provocations sous les regards stupéfiés du présentateur Ali Baddou et de la ministre de l’éducation nationale. La réaction, minimale, de cette dernière ne laisse pas d’étonner ni de décevoir. En tant que représentante de l’État, en tant que ministre de la République, en tant que citoyenne française, elle aurait pu dire bien des choses, réagir de bien des manières différentes. Dans tous les cas, elle aurait dû marquer une opposition ferme. Par exemple :

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Je suis Charlie

Pas envie d’écrire. Seulement de pleurer.

Mais il faut se forcer : dégueuler les mots, noircir les pages, dessiner, parler, murmurer, hurler, rire – vivre. Les faire vivre.

Ils ont été exécutés au nom d’une loi qui se prétend au-dessus des lois des hommes.

Des hommes ont décidé que d’autres hommes devaient mourir parce qu’ils exprimaient publiquement des idées jugées blasphématoires. Ces assassins ont refusé à leurs victimes le droit de paraître dans l’espace public afin d’y partager leur vision du monde : une vision laïque, provocante, humoristique, portée par un foutu talent.

En France, le blasphème n’est pas un crime, c’est une tradition – un exercice de liberté.

Nous sommes Charlie.

Cincinnatus