Les nouveaux iconoclastes

De nouveaux censeurs s’ingénient à réécrire l’histoire, à interdire des films ou des spectacles, à éteindre les Lumières à l’Université… c’est là une véritable tragédie. Au nom de luttes intrinsèquement justes qu’ils détournent, au nom de l’égalité qu’ils pervertissent, des groupuscules idéologiques provoquent des déferlements de bêtise violente dont le seul but est d’anéantir aveuglément la culture et la liberté d’expression. Lire la suite

Paris, entre misère et indécence

Paris est schizophrène. Loin du psittacisme à la mode d’un fantasmatique « vivre-ensemble » dégoulinant de moraline, le territoire parisien se morcelle en ghettos étanches juxtaposant poches de misère et ghettos de riches. Les arrondissements à deux chiffres du nord-est et du sud-est parisien rassemblent l’essentiel des logements sociaux et des structures d’accueil des migrants, toxicomanes et sans-abris, pendant que les autres quartiers se ferment aux rares classes populaires et moyennes qui y demeuraient. Lire la suite

La société de l’obscène

L’ignoble est devenu la règle. Images des incendies australiens, vidéos tournées clandestinement dans des abattoirs ou des élevages intensifs [1], matraquage de scènes d’humiliations d’individus ou de massacres de populations entières… le chapelet d’ignominies s’égrène sur tous les écrans dans une juxtaposition clipesque aux effets narcotiques. La diffusion continue d’images atroces de souffrance, d’actes odieux commis contre l’homme, le vivant ou la planète dévoile ce que chacun fait mine d’ignorer et s’empresse d’oublier. Alors que nous devrions tous trembler d’effroi et ostraciser les coupables hors de la société des hommes, les réactions effarouchées de l’instant laissent aussitôt la place à l’émotion suivante. Lire la suite

Écologie : quel spectacle !

La planète mérite mieux que Greta Thunberg. Peut-être les éventuels lecteurs de ces lignes, quelques années après leur rédaction, s’interrogeront-ils sur le sens de cette première phrase ; peut-être Greta Thunberg aura-t-elle disparu des écrans et des esprits ; peut-être ne subsistera-t-il d’elle qu’un lointain souvenir d’éphémère passionaria chez les vieux cons surannés – Greta Thunberg, un destin de Casimir ? Lire la suite

Haïssez-vous les uns les autres !

piétonVous descendez tranquillement un trottoir étroit et, à un angle aveugle, un sémillant cycliste en lycra fluo, oreillettes sans fil vissées au pavillon, déboule de votre gauche sur ce même trottoir sans frein ni regard. Non content d’avoir manqué vous renverser, les insultes fusent dans un langage fleuri comme autant de flèches du Parthe… car l’arrogant butor ne daigne même arrêter sa course traversant trottoirs et chaussées, slalomant entre piétons et poussettes. Lire la suite

Les lectures de Cinci : l’Europe allemande

Le couple franco-allemand n’existe pas. Comment l’Europe est devenu allemande et pourquoi ça ne durera pas, Coralie Delaume, Michalon, 2018.

9782841868933r

Le livre en deux mots

Coralie Delaume nous a livré en fin d’année un nouvel opus consacré à son thème d’expertise : l’Europe, son histoire et ses institutions [1]. Cette fois-ci, elle s’attaque au conte moderne du « couple franco-allemand » pour en exhiber la fiction illusoire qui fait croire, de ce côté du Rhin seulement, à un mariage heureux là où il n’y a, au mieux, que deux États-nations aux intérêts divergents ou, au pire, une relation de vassalité mortifère. Lire la suite

Tyrannie de la minorité

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Article premier : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »

En démocratie, la crainte est toujours justifiée d’une « tyrannie de la majorité » [1]. Or on assiste aujourd’hui à une autre forme d’asservissement : celle de l’espace public par les revendications identitaires de minorités, ou plutôt d’individus se considérant comme discriminés selon une dimension de leur être qu’ils affirment à la fois essentielle et minoritaire. La lutte contre les discriminations, en temps normal parfaitement légitime, se trahit et laisse place à des revendications agressives, l’affirmation du droit à la différence basculant dans l’exigence d’une différence de droits à raison d’une identité unidimensionnelle fantasmée. Lire la suite

Créateurs talentueux et viles crapules

Oh ! le vieux débat suranné ! Peut-on séparer la biographie et l’œuvre d’un artiste ? Un génie peut-il se doubler d’une ordure ? Que faire de l’embarrassant fardeau artistique lorsque son auteur adulé se révèle soudain un salaud ? Déclinaison ad nauseam d’une querelle éculée mais dont on ne sortira pas. Lire la suite

Malaise dans la représentation : 3. Morale

Un mandat d’élu n’est pas un poste en entreprise, une élection n’est pas un recrutement lors duquel sont évaluées des compétences et un parcours. Ce n’est pas non plus un concours de sosies dont le vainqueur serait celui qui, grand transformiste, saurait le mieux renvoyer à ses électeurs l’image la plus ressemblante pour les séduire.
Obnubilés par ces conceptions fallacieuses et par l’appât du gain, dans tous les partis, les « spécialistes des élections » découpent la Nation et le territoire en segments auxquels offrir le produit qui réponde le mieux aux désirs qu’ils leur prêtent. Ils prennent en compte un nombre incalculable de critères… parmi lesquels, hélas !, la probité, l’exemplarité et l’incorruptibilité des candidats, qualités qui dérivent toutes trois de la vertu civique, ne pèsent pas lourd. Lire la suite

Vae victis

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Le « walk of shame » de Cersei dans Game of Thrones : modèle de cette élection ?

Depuis une semaine, la campagne présidentielle est terminée. Emmanuel Macron est le nouveau président de la République. Tant mieux pour lui. Comme beaucoup, j’ai mis dans l’urne un bulletin à son nom, ne faisant mon choix qu’au dernier moment, dans l’isoloir. On ne s’étonnera pas que cela ne signifie pas une adhésion au personnage ni à son programme : au contraire [1]. Quoiqu’amère, j’assume cette décision parce que c’est mon vote, décidé en conscience… et malgré toutes les innommables pressions exercées entre les deux tours. Car, si la campagne électorale avant le premier tour avait déjà été odieuse, celle qui a suivi a repoussé les bornes de l’abjection. C’est toute la France qui a sombré dans une folie puérile et suicidaire [2].
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