Français, halte à la haine de soi !

monet-montorgueil

Claude Monet, La Rue Montorgueil à Paris. Fête du 30 juin 1878

Mes chers compatriotes,

Cessons de nous laisser aller aux passions tristes, à une mélancolie bileuse, à une dépression nombriliste. Abandonnons enfin le déclinisme kitsch et le décadentisme de supermarché qui nous rongent les entrailles. Nous sombrons collectivement dans une mauvaise caricature de l’Héautontimorouménos baudelairien, ce « bourreau de soi-même », ce « sinistre miroir où la mégère se regarde »[1]. Lire la suite

Winter is coming

Les soubresauts d’un monde qui s’effondre suffisent-ils pour espérer autre chose que des convulsions d’agonie ?

Je suis pessimiste. Je pense que nous devons nous préparer à de nombreuses années difficiles : la dissolution de la République ; l’arrivée au pouvoir de gouvernements bien plus à droite que ce que nous avons connu ; l’inscription dans notre quotidien d’attentats réguliers et chaque fois plus meurtriers. Lire la suite

Que faire ?

Ce titre léniniste résume l’abattement général chez les républicains[1] sincères.
Où que l’on se tourne, cette même question : « que faire ? »… qui vaut toujours mieux qu’un « à quoi bon ? » résigné.
Prenons-nous à rêver un instant à la manière dont les événements pourraient tourner en notre faveur, quitte à faire preuve d’une bonne dose d’idéalisme, d’angélisme ou de naïveté – appelez cela comme vous voulez.

D’abord, nous remportons la guerre idéologique.

Lire la suite

Identités choisies

Né à l’étranger, dans une pomme, j’ai grandi en France avec deux passeports. Par l’un d’eux, le bleu, je suis citoyen d’une forteresse que des millions de personnes rêvent d’investir… sans que pour autant je n’y sois jamais retourné. Cette double nationalité fait partie de moi, elle m’a accompagné toute ma vie, le plus souvent à travers les questions qu’elle suscite chez les autres : le fantasme du modèle absolu contemporain et, simultanément, du repoussoir tout aussi excessif. Baigné comme tous dans la saturation spectaculaire de cet imaginaire-monde, sans l’avoir cherché je me suis distingué par cette appartenance à « l’autre côté de l’écran ».
Je pourrais revendiquer cette identité, au nom du sol me prétendre de là-bas plus que d’ici, et ignorer le goût d’imposture. Je pourrais aussi la rejeter, y renoncer dans un geste grandiloquent et sot.
Je choisis de l’accepter, un peu comme la couleur de mes cheveux : comme un fait qui m’appartient, me constitue mais ne me définit pas.

Lire la suite

Discours (imaginaire) à la nation

Dans quelques jours, le Président s’adressera à la nation pour ses traditionnels vœux du 31 décembre. S’il manque d’idées, je lui offre un discours tout prêt. Allez François, c’est cadeau.

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

L’année qui se termine ce soir fut douloureuse pour notre nation. Au-delà des mots. Par deux fois, en janvier puis en novembre, nos valeurs, notre culture, tout ce qui nous relie a été frappé avec une violence inédite sur notre territoire. Ces attaques lâches nous ont bouleversés. Et en même temps nous avons montré une capacité inouïe de faire front ensemble, de ressouder la nation. Oui : la nation française, c’est cette volonté politique de partager un destin, de s’ancrer dans une histoire, de vivre pour construire quelque chose de plus grand, qui nous dépasse, d’édifier des ponts, des liens, entre nous, d’augmenter les fondations que nous héritons de nos prédécesseurs et de léguer, à notre tour, un monde qui nous soit commun. Tout cela, mes chers compatriotes, vous avez su le porter comme le message ferme et définitif de ce qu’est la France, de ce qu’elle a toujours été et sera toujours. Je vous remercie d’avoir ainsi pu rappeler au monde que le peuple français constitue une nation politique dont la vocation est inscrite dans sa devise universelle : liberté, égalité, fraternité.

Lire la suite

La République à la reconquête de ses territoires perdus

J’ai parlé ailleurs de la balkanisation de la nation. Cette fragmentation se retrouve très concrètement dans la géographie même de notre pays. Lorsque l’on parle des territoires français, des mots d’une violence et d’une charge historique inouïes sont souvent employés, y compris par les plus hauts représentants de l’État : « ghettos », « apartheid »… Ces mots ont un sens précis et les utiliser pour décrire la situation actuelle n’est pas anodin.

Lire la suite

Au secours, ils n’ont rien compris !

Hier, soirée électorale. Réactions en vrac.

*

Passons sur la durée que France 2 lui a accordée. Ou plutôt non, commençons par cela : une vingtaine de minutes avant de lancer « le reste des infos » et le film du dimanche soir. Une honte ! À ce rythme, qu’aurons-nous en 2017 ? À 20h00 la tête du nouveau président et à 20h02 Les Bronzés font du ski ? Bravo le service public audiovisuel !

Lire la suite