Au-delà de la vie et de la mort : l’immunité (J. Margulies)

Pour la première fois, j’ai le plaisir d’accueillir ici l’article d’un auteur invité. Je remercie Johann Margulies, écrivain, ingénieur et ancien enseignant à Sciences Po, d’avoir choisi ces carnets pour publier ce très beau texte dans lequel il analyse la crise sanitaire en cours à travers le concept d’immunité.

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25 avril 2020. De cet événement paradoxal de l’imminence d’un effondrement viral qui n’a pas encore eu lieu, précisément qui n’aura – on l’espère – jamais lieu car nous nous en immunisons par le biais du confinement, le monde, notre monde s’en est retrouvé suspendu puis réduit à une forme épurée et minimale : la débâcle nous disions alors, et avec elle, révélés l’insensé de nos institutions et l’appel impitoyable de notre besoin de justice. Fictions burlesques, l’être révélé pour ce qu’il est : absurde. Lire la suite

Les lectures de Cinci : comment on laisse sombrer l’école

La désinstruction nationale, René Chiche, Les Éditions Ovadia, 2019.

61zF5lpsI9LLe livre en deux mots

Le professeur de philosophie René Chiche a livré fin 2019 un livre important à propos de l’école et de l’état lamentable dans lequel elle se trouve. Les aveugles volontaires et les idéologues pédagogistes se récrieront immédiatement : encore un livre « passéiste », « nostalgique » (en quoi, d’ailleurs, la nostalgie serait-elle un sentiment dont on devrait avoir honte ?), etc. etc. en un mot : « réactionnaire » ! Qu’ils s’étouffent donc dans leur venin, ils sont responsables de la situation que décrit René Chiche avec justesse et précision. Lire la suite

Humanités numériques ? Poil au clic !

Au lycée, la révolution se fait silencieusement : pendant que les lettres classiques y sont méthodiquement assassinées dans l’indifférence générale, les « humanités numériques » prétendent les remplacer [1]. Lire la suite

La démagogie a de l’avenir

Tout débute toujours à l’école. Aujourd’hui, tout s’y achève aussi, comme on achève dans les films un vieux compagnon blessé : des larmes dans les yeux et une balle dans la tête. L’idéal émancipateur des Lumières, incarné dans une école dévouée à l’instruction de citoyens en devenir, expire dans les remugles de la démagogie crasse. « Chez l’enfant, il n’y a d’éternité qu’en puissance » (Kierkegaard). Puissance interdite de se réaliser par les excès d’une « bienveillance » étouffoir. Au nom de bons sentiments et d’une autoproclamée éthique de la compassion qui ne puise en réalité qu’au ressentiment des adultes, l’école abandonne son domaine – celui de la transmission des savoirs et de la fréquentation des classiques en toutes disciplines, destinées à structurer l’enfant et à l’intégrer au monde commun. Lire la suite

Les lectures de Cinci : mythologies contemporaines

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Little Brother, Raphaël Enthoven, Gallimard, 2017.

Le livre en deux mots

Raphaël Enthoven, homme de culture et de médias, philosophe et admirateur de Proust, nous a offert en début d’année un livre qui appartient à cette catégorie honnie d’ouvrages qui parfois me font grincer, avec une jalousie assumée, un persiflage égotique : « le salaud, j’aurais voulu l’avoir écrit ! ». Lire la suite