Complices !

couverture charlie caricaturesVendredi 16 octobre 2020, il y a trois jours, un professeur d’histoire et de géographie, Samuel Paty, a été assassiné. Parce qu’il avait fait son métier, parce qu’il avait tenté d’éveiller les consciences de ses élèves, parce qu’il leur avait fait un cours sur la liberté d’expression, parce qu’il leur avait montré et expliqué les caricatures du prophète de l’islam publiées dans Charlie Hebdoil a été décapité [1]. L’assassin n’est pas le seul coupable. Ses complices doivent répondre de ce crime. Leur place est devant un tribunal [2] : Lire la suite

L’imposture EELV

Bien que la victoire en trompe-l’œil d’Europe Écologie – Les Verts aux dernières municipales eût comme un air de déjà-vu qui mériterait à lui seul bien des développements [1], plutôt que de s’attarder à pérorer davantage sur l’écume électorale, il me paraît plus judicieux de s’intéresser au positionnement de ce parti dans le débat public, à ses actions et à son substrat idéologique. Autrement dit : de quoi EELV est-il vraiment le nom ? Et de ce point de vue, il me semble que la réponse devrait être : celui d’une sinistre imposture faisant de ce parti un ennemi de la République et même, paradoxalement, de l’environnement. Lire la suite

Quelle sécurité ?

On alterne : un attentat terroriste, une séquence de casse urbaine en fin de manifestation, des scènes de guérillas ultraviolentes dans les territoires abandonnés de la République… À chaque fois, la stupeur laisse finalement la place à la résignation. Il n’y a pas vingt ans, le « sentiment d’insécurité » avait fait gloser pendant la campagne de 2002 et chuter le candidat Jospin. À l’époque, on se moquait dans les beaux-quartiers des centres-villes des « peurs irrationnelles » des banlieusards et de la France périphérique, qui ne s’appelait pas encore ainsi. Aujourd’hui, ce « sentiment d’insécurité » imprègne tant les esprits qu’on n’en parle même plus : quand on a la chance de n’être pas contraint de vivre directement cette insécurité quotidienne dans sa chair et sa peur, on se contente d’observer les images sur les écrans démultipliés, comme la nouvelle saison d’une série Netflix. La banalisation de la violence sur fond d’éphémères bouffées d’indignation stérile encourage non seulement le sentiment d’impunité de ses responsables mais également toutes les manipulations idéologiques. Lire la suite

La République à chaque coin de rue

Devise républicaine

Partout où l’État s’est retiré, les mafias identitaires et/ou criminelles se sont installées, encouragées par les dévots du saint-marché. Face à l’extension du domaine du caïdat, mais aussi, plus généralement, pour sortir la France du marasme dans lequel l’ont plongée des décennies de néolibéralisme (les deux sont liés), une seule politique sérieuse et digne est possible : un réinvestissement massif de la République et de l’État. Pour cela, les politiques dites de la ville et de l’aménagement du territoire doivent être reprises en main avec ce seul objectif : « la République à chaque coin de rue ». Lire la suite

Extension du domaine du caïdat

Les éruptions en banlieues éclatent comme les bulles à la surface d’un marécage. Régulièrement, des scènes de guérillas urbaines occupent les écrans et les cerveaux, achevant d’annihiler les distinctions entre fiction et réalité tant les codes en sont confondus. Nouvelle série Netlfix ou dernière bouffée de violence dans une périphérie de métropole ? Les esprits intoxiqués d’images clipesques ne font plus la différence… les victimes et la République, si. Lire la suite

Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant

Tous s’y mettent : le pouvoir actuel qui essaie de faire oublier que, par son incurie et son cynisme, il est coupable de milliers de morts ; ses zélés prédécesseurs qui nous ont conduits à l’abyme en appliquant consciencieusement depuis quarante ans les dogmes du néolibéralisme ; les vieilles gloires retirées qui tentent encore un come-back plutôt pitoyable après avoir tant de fois montré leurs limites que personne ne peut les prendre au sérieux ; les opposants épidermiques qui se réjouissent ouvertement de la crise et feignent d’ignorer que le problème avec l’ivresse du Grand Soir, c’est toujours la gueule de bois du petit matin. Tous entonnent en chœur l’air ampoulé du « rien ne sera plus jamais comme avant ! » Qui peut les croire ? Lire la suite

Dieu est mort, foutez-nous la paix !

Il n’y a de blasphème que dans l’esprit du croyant. Celui qui ne croit pas ne blasphème pas : il se rit des superstitions des autres. De haute lutte, cette notion inique de blasphème a été extirpée du droit français pour laisser la place aux libertés de conscience et d’expression. Aucun délit de blasphème ne peut ni ne doit exister. Répétons-le : en France, se moquer des religions n’est pas un crime, c’est une tradition – un exercice de liberté ! Lire la suite

Macron : Sarko 2.0 ?

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Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Oh ! Tout n’a pas débuté avec Sarkozy.
Non : ce serait lui faire trop d’honneur que d’en faire le premier de quoi que ce soit. Lire la suite

Un républicanisme économique ?

Le républicanisme est une pensée politique, pas une doctrine économique. Et pourtant, de sa vision du monde cohérente – sa Weltanschauung –, peuvent se déduire des principes en matière d’économie.
Penser l’homme, le monde et la société conduit à penser les rapports économiques réels et souhaités : observer l’être et imaginer le devoir-être sans toutefois chercher à déduire le second du premier, ni légitimer le premier par le second, fautes logiques trop répandues. En d’autres termes : construire un idéal régulateur, un horizon désirable, qui doit servir à fois de boussole et de pierre de touche à la critique du réel [1]. Lire la suite

Malaise dans la représentation : 6. Pouvoir

Où se trouve le pouvoir politique ? ou plutôt : comment celui-ci se distribue-t-il vraiment entre les trois « pouvoirs » classiques que l’on apprend dès l’école – le législatif, l’exécutif et le judiciaire – et quelles relations ont-ils entre eux ? Le cliché éculé de la séparation des pouvoirs comme fondement de notre démocratie ne résiste pas longtemps à l’examen de l’actualité… d’autant qu’à trop se rengorger de ce concept – comme tant d’autres depuis longtemps vidés de leur substance, hélas ! –, on ne sait même plus ce qu’il signifie. Lire la suite