La manipulation des esprits

Billet écrit avant l’épidémie et le confinement.

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J’appelle « société de provocation » toute société d’abondance et en expansion économique qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu’elle provoque à l’assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu’elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit.

(Romain Gary, Chien blanc)

1. Publicité

Que dirait, de notre société, ce grand humaniste ? Sa « société de la provocation » a enfanté un monstre plus effrayant encore : une société de l’obscène et de la manipulation. Lire la suite

Humanités numériques ? Poil au clic !

Au lycée, la révolution se fait silencieusement : pendant que les lettres classiques y sont méthodiquement assassinées dans l’indifférence générale, les « humanités numériques » prétendent les remplacer [1]. Lire la suite

Bioéthique : la grande confusion

Bioéthique : n. f. – 1982 de bio- et éthique. Discipline étudiant les problèmes moraux soulevés par la recherche biologique, médicale ou génétique.

Le Petit Robert de la langue française

Cette définition du dictionnaire, plutôt claire quoique déjà très large, subit une extension indigeste par l’accumulation de sujets et objets a priori étrangers à son champ d’application mais qui s’y voient ajoutés pour des raisons parfois obscures. Ainsi ce terme de « bioéthique » en vient-il, d’intersection des champs de la morale et de la recherche, à évoluer en réunion de vastes domaines, au risque de désigner tout et n’importe quoi – ce qui relève largement de l’éthique sans préfixe, de la science, de la politique, du droit, de l’économie, du marché, de l’idéologie, etc. etc. Au point d’en devenir aussi fade qu’incompréhensible. Lire la suite

Progrès scientifique : Prométhée chez les traders

Metropolis

1. L’inéluctabilité du « progrès scientifique » : un mythe à anéantir par la raison

Les débats à propos de sujets relevant de la recherche et de l’expérimentation scientifiques sont trop souvent hantés par le spectre du « progrès scientifique » et de sa présupposée inéluctabilité. En réalité, deux faux arguments se tapissent derrière ce cliché.
Le premier : « la science progresse, qu’on le veuille ou non – il faut l’accepter. »
Le second : « si c’est scientifiquement possible, alors quelqu’un finira par le faire – autant que ce soit nous. » Lire la suite

La Silicon Valley au service du transhumanisme

L’imaginaire collectif des transhumanistes déborde largement les limites de ses thuriféraires assumés, en particulier grâce aux moyens que ceux-ci mettent à sa diffusion : ceux des grandes entreprises de la Silicon Valley et du capitalisme mondialisé. Mais ne nous y trompons pas : l’une des forces de cette pensée, c’est sa sincérité. La volonté de puissance et de profit, qui se perçoit en particulier dans l’accaparement des données personnelles ou le mépris des lois des États-nations, ne doit pas la masquer. Évidemment, ce sont des vautours qui cherchent à gagner un maximum de pognon. Mais ce n’en sont pas pour autant de vulgaires escrocs qui vendraient du rêve pour faire du fric au détriment des pigeons qui croiraient à leurs balivernes. Lire la suite

L’hybris transhumaniste : idéologie et utopie

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h+ : un des logos-symboles du transhumanisme

Les histoires que nous servent les trans- et les post-humanistes ne doivent pas être méprisées comme les délires de gogos illuminés ou de quelques geeks fans de science-fiction [1]. Ce serait passer à côté de l’un des courants de pensée les plus puissants et les plus influents de notre époque. Et d’autant plus puissant et influent qu’il est doté des moyens financiers que lui fournit le capitalisme mondialisé, des moyens technologiques de la Silicon Valley, et des moyens symboliques de l’industrie du spectacle.
Alors : le transhumanisme, combien de divisions ?
Suffisamment pour être pris au sérieux.

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Amnésie béate et illusion du Progrès

 

On pourrait croire que le Progrès tel qu’il fut pensé au XIXe et une partie du XXe n’est aujourd’hui qu’un astre mort, que plus personne n’y croit vraiment. Comment ne pourrait-il pas s’être fracassé sur les folies meurtrières qui se sont succédé sans discontinuer depuis plus d’un siècle, transformant l’assassinat en industrie de masses ? Lire la suite