Progrès scientifique : Prométhée chez les traders

Metropolis

1. L’inéluctabilité du « progrès scientifique » : un mythe à anéantir par la raison

Les débats à propos de sujets relevant de la recherche et de l’expérimentation scientifiques sont trop souvent hantés par le spectre du « progrès scientifique » et de sa présupposée inéluctabilité. En réalité, deux faux arguments se tapissent derrière ce cliché.
Le premier : « la science progresse, qu’on le veuille ou non – il faut l’accepter. »
Le second : « si c’est scientifiquement possible, alors quelqu’un finira par le faire – autant que ce soit nous. » Lire la suite

La notion de vérité en science (4) – Tentative de conciliation des approches de Popper et Kuhn

Les positions de Popper et Kuhn ne s’opposent pas autant qu’eux-mêmes veulent bien le dire. En apparence, la progression par essais et erreur du premier ne peut aisément s’accorder avec les révolutions radicales du second. De même, la science normale demeure un concept inacceptable pour Popper qui perçoit la théorie de son ancien élève comme profondément contraire à son critère de réfutabilité. Lire la suite

La notion de vérité en science (3) – Les révolutions de paradigmes selon Thomas Kuhn

Thomas_Kuhn

Thomas Kuhn

Thomas Kuhn, qui fut l’élève de Popper, s’oppose en apparence à lui dans sa conception de l’évolution de la connaissance scientifique. Selon Kuhn, la science avance par révolutions du paradigme dominant, établi par ce qu’il appelle la « science normale », et non par élargissements successifs. Il peut ainsi dire, à propos de ces révolutions scientifiques : « chacune d’elles a exigé que le groupe rejette une théorie scientifique consacrée par le temps en faveur d’une autre qui était incompatible[1] », ce changement de paradigme par révolutions successives, étant « le modèle normal du développement d’une science adulte[2]. » Lire la suite

La notion de vérité en science – Introduction

Après les concepts d’idéologie et d’utopie chez Ricoeur, de monde commun chez Arendt et de novlangue chez Klemperer et Orwell, je souhaite aborder un autre continent pour lequel j’ai une affection particulière : celui des sciences dites exactes, ainsi que de leur histoire et de leur philosophie.

Pour l’instant, je m’intéresse au statut de la « vérité » dans le processus scientifique. Drôle de question, sans doute, mais qui ouvre à la pensée un champ passionnant à explorer. Pour l’aborder, je n’aurai la prétention de proposer ni une dissertation érudite ni une thèse qui se voudrait exhaustive, mais plutôt, de manière presque impressionniste, une série de petits billets résumant les travaux de quelques penseurs qui se sont penchés sur le sujet. Bien entendu, ce ne sont là que des incursions trop rapides à l’intérieur d’une sélection très partielle… peut-être auront-elles malgré tout le mérite d’encourager à approfondir ces questions. Lire la suite