La notion de vérité en science – Introduction

Après les concepts d’idéologie et d’utopie chez Ricoeur, de monde commun chez Arendt et de novlangue chez Klemperer et Orwell, je souhaite aborder un autre continent pour lequel j’ai une affection particulière : celui des sciences dites exactes, ainsi que de leur histoire et de leur philosophie.

Pour l’instant, je m’intéresse au statut de la « vérité » dans le processus scientifique. Drôle de question, sans doute, mais qui ouvre à la pensée un champ passionnant à explorer. Pour l’aborder, je n’aurai la prétention de proposer ni une dissertation érudite ni une thèse qui se voudrait exhaustive, mais plutôt, de manière presque impressionniste, une série de petits billets résumant les travaux de quelques penseurs qui se sont penchés sur le sujet. Bien entendu, ce ne sont là que des incursions trop rapides à l’intérieur d’une sélection très partielle… peut-être auront-elles malgré tout le mérite d’encourager à approfondir ces questions.

Une dernière précision, enfin : j’ai essayé d’agencer les six billets qui suivent selon une certaine logique globale, tout en laissant le loisir de les lire chacun individuellement, selon l’intérêt que l’on peut porter à tel aspect ou à tel auteur.

  1. Le positivisme selon Auguste Comte : je commence avec lui parce qu’il a marqué l’histoire, notamment grâce à (ou à cause de) sa simplicité (si ce n’est son simplisme ?). Il me servira en quelque sorte à étalonner le contraste pour les suivants.
  1. La réfutabilité des théories selon Karl Popper : l’épistémologue développe ses travaux en opposition avec le positivisme encore en vogue à son époque et propose une théorie de la découverte scientifique fondée sur le concept de « réfutabilité » et de progrès par essais et erreurs, renvoyant la vérité à un horizon.
  1. Les révolutions de paradigmes selon Thomas Kuhn : l’élève du précédent se démarque de son maître en insistant sur l’alternance entre phases de « science normale » et « révolutions scientifiques » qui, si elles assurent un accroissement des connaissances, peuvent se passer de la notion de vérité.
  1. Tentative de conciliation des approches de Popper et Kuhn : petit intermède dans lequel j’essaie de montrer que les conceptions du maître et de l’élève sont peut-être moins éloignées qu’ils n’ont eux-mêmes tenté de le faire croire.
  1. Le tournant de la « modernité » selon Alexandre Koyré : le grand philosophe nous sert de guide pour un petit voyage dans le temps, aux sources de la modernité, afin d’observer comment les révolutions scientifiques des XVIe et XVIIe siècles ont ébranlé les conceptions antérieures et l’idée que l’on se faisait de la vérité.
  1. L’ambiguïté au cœur de la science selon Gaston Bachelard : enfin, j’évoque avec Bachelard ce qu’il appelle les « théories du non » et comment la formalisation mathématique du monde, évoquée dans le billet précédent, s’est poursuivie jusqu’à ouvrir, depuis le siècle dernier, des perspectives qui conduisent aujourd’hui des scientifiques comme Stephen Hawking à réinterroger à nouveaux frais la notion de vérité.

Cincinnatus

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